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L’hiver selon la tradition chinoise

L'hiver selon la tradition chinoise
©Pixabay

L’hiver est associé au REIN, au NORD, à l’eau, au froid, à la couleur noire, à la saveur salée…, à la nuit, à la vieillesse…

Selon le dernier extrait du chapitre 2 du SU WEN1 :

Les trois mois de l’hiver sont appelés :
fermer et thésauriser ;
l’eau gèle, la terre se fendille,
nulle excitation ne vient plus du YANG.
On se couche tôt, on se lève tard,
on s’en remet pour tout à la lumière du soleil.
On exerce le vouloir
comme enfoui, comme caché,
comme tourné seulement vers soi,
comme occupé à se posséder.
On fuit le froid, on recherche la chaleur,
ne laissant rien s’échapper par les couches de la peau,
de peur d’être dangereusement démuni de ses souffles.
Ainsi se conforme-t-on aux souffles de l’hiver,
la voie pour l’entretien de la thésaurisation de la vie.

La tortue sombre symbolise remarquablement le mouvement de l’hiver : elle s’enfouit sous terre. Ne bougeant pas ou peu, aucune dépense inutile, elle économise son énergie. Sa carapace la protège des nuisances extérieures.

Le taiji représentant la dualité Yin-Yang

L’essentiel réside bien dans le retour sur soi, évitant toute mobilisation vers l’extérieur, on rentre chez soi. Les mots-clés ne surprendront pas : calme, sérénité, repos, sommeil, retour aux racines, YIN maximum… indifférenciation.

On comprend donc pourquoi le SU WEN exprime au chapitre 4 :

… en hiver on s’abstient de massages (toniques) et de gymnastique…

Sinon, il s’ensuit des maladies pour les saisons suivantes.

En effet, l’hiver prépare le printemps et celui-ci ne pourra se déployer que s’il y a eu retrait et préparation. L’hiver est un retour à l’essentiel, une ébauche de retour au grand vide, eau et feu se copénètrent. Il ne faut pas croire que l’énergie soit moindre, elle demeure simplement ramassée sur elle-même, moins différenciée.

Le mouvement étant permanent de la croissance à la décroissance du YIN et du YANG, lorsque la manifestation YANG atteint son niveau le plus bas, au plus profond de l’hiver, tout se prépare pour renaître, pour que le jour se lève, pour la naissance, pour un nouveau printemps…

Quant aux conseils diététiques, on évitera les excès de sel, on majorera la saveur amère.

Cyrille J.-D. Javary2

Exercices de Qi Gong conseillés pendant cette saison

La répétition régulière des mouvements de Qi Gong ci-dessous permet de renforcer l’énergie des Reins, de consolider le bas du corps (lombes, organes du bas ventre) et de contrôler la peur.

La bannière de Mawangdui
Le loup se baigne dans la rivière
Descendre au fond de la mer
Le souffle de l’hirondelle
Le cerf écoute la forêt

Le jeu des cinq animaux
Le cerf galope
Le cerf lutte avec ses bois

Autre Qi Gong
La tortue

Les six sons thérapeutiques
Expirer le phronème “Tccchhuuuuiiiii”

Notes :

1. Su Wen : Huangdi neijing (Classique interne de l’Empereur jaune) aurait été conçu entre la période des Royaumes combattants et celle de la dynastie des Han (Ve siècle av. J.-C. à 230 av. J.-C.) Il constitue une somme des connaissances médicales chinoises jusqu’à l’époque de la dynastie Han. Il s’agit du plus ancien ouvrage existant sur la médecine chinoise. L’ouvrage est divisé en deux parties : le Su Wen (Questions de base) et le Ling Shu (Poinçon sacré). Le Su Wen est rédigé sous forme de questions-réponses mettant en scène l’Empereur jaune et différents médecins de la haute antiquité. L’ouvrage expose les conceptions de la médecine chinoise sur la maladie, les médicaments, le diagnostic et le traitement. Il est toujours considéré comme un classique dans la pratique actuelle de la médecine chinoise.

2. Cyrille J.-D. Javary est consultant et formateur en civilisation et culture chinoises, anciennes et modernes. Il explique comment Yin Yang nous permet de mettre fin aux hiérarchies entre hommes et femmes et rend à chaque individu sa liberté d’action. Car chacun est en même temps et successivement Yin et Yang.

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