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Le personnel médical d’un hôpital de médecine traditionnelle chinoise à Zhejiang, en Chine, pratique Ba Duan Jin (littéralement « huit pièces de brocart ») pour prévenir les maladies respiratoires pendant l’épidémie de coronavirus. 

Le personnel médical d’un hôpital de médecine traditionnelle chinoise à Zhejiang, en Chine, pratique le Ba Duan Jin (littéralement « huit pièces de brocart »), une série de huit mouvements de QI Gong,  pour prévenir les maladies respiratoires pendant l’épidémie de coronavirus.

Le Ba Duan Jin aurait été conçu par Bodhidharma1 et repris par Yue Fei (Général de l’armée impériale chinoise) du 12ème siècle après JC pour améliorer la santé de ses soldats. De nos jours, sa pratique vise à rendre l’organisme plus résistant et à prolonger la vie. Il est classifié dans la catégorie Qi Gong externe « Wei Dan« , qui veut dire au sens large du terme renforcement du corps (un effet « bouclier » qui permet de mieux se protéger des agressions externes2).

Les huit postures se pratiquent à la suite l’une de l’autre soit assis, soit debout. Sur les dessins de la version du général Yue Fei, elles portent chacune un nom évocateur et pragmatique qui peut se traduire ainsi :

  1. Liangshou tuo tien li sanjiao (两手托天理三焦) – Soutenir les cieux avec les mains prend soin du triple réchauffeur.
  2. Zuoyou kai gong si she diao (左右开弓似射雕) – Bander l’arc et viser l’aigle.
  3. Tiaoli piwei xu dan ju (调理脾胃须单举) – Soutenir le Ciel et s’appuyer sur la Terre, pour stimuler la Rate et l’Estomac d’un seul geste.
  4. Wulaoqishang xianghou qiao (五劳七伤向后瞧) – Regarder derrière pour prévenir les cinq maladies et les sept blessures, ou pour chasser les mille maladies.
  5. Yao tou bai wei qu xinhuo (摇头摆尾去心火) – Agiter la tête et secouer la queue pour calmer le feu du cœur.
  6. Liangshou pan zu gu shen yao (两手攀足固肾腰) – Descendre les mains derrière le dos et les jambes, saisir les orteils pour renforcer les reins.
  7. Zan quan numu zeng qili (攒拳怒目增气力) – Frapper du poing et regarder férocement.
  8. Beihou cidian baibing xiao (背后七颠百病消) – Soulever les talons (7 fois) pour traiter la maladie.
Notes :

  1. Bodhidharma : moine bouddhiste persan originaire d’Inde, est le fondateur légendaire en Chine de l’école Chan3, courant contemplatif (dhyāna4) du mahāyāna5, devenue au Japon l’école zen connue en Occident. L’école Chan prétendant remonter au Bouddha, Bodhidharma est considéré comme son 28e patriarche et comme son premier patriarche chinois.
  2. Agressions externes : pervers climatiques (humidité, chaleur, froid, sécheresse, vent), virus, microbes, bactéries, etc…
  3. Ecole Chan – parfois traduit en « méditation silencieuse », transcription en chinois classique du sanskrit dhyāna, est une forme de bouddhisme mahāyāna née en Chine à partir du Ve siècle, qui insiste particulièrement sur l’accession à l’expérience directe de l’Éveil par la méthode la plus efficace et la plus simple possible. Comme pour toutes les écoles bouddhistes chinoises, on peut voir dans sa pensée une influence taoïste.Sous ses multiples formes, il est devenu à partir du ixe siècle une des deux grandes catégories du bouddhisme chinois avec l’école de la Terre Pure (jingtu).
  4. Dhyana : terme sanskrit se traduisant par « absorption », bien qu’étymologiquement il signifie simplement méditation ou contemplation.
  5. Mahayana – terme sanskrit signifiant « grand véhicule » . Le bouddhisme mahayana apparaît vers le début de notre ère dans le Nord de l’Inde et dans l’Empire kouchan, d’où il se répand rapidement au Tarim et en Chine, avant de se diffuser dans le reste de l’Extrême-Orient. Des moines du bouddhisme chan chinois l’exportent avec l’écriture et de nombreux aspects de la culture chinoise, d’abord en Corée (bouddhisme son) en 372, puis au Japon (bouddhisme zen) à partir du Ve siècle, se mêlant un peu plus à chaque étape avec les croyances locales.Le vajrayāna, sa forme tantrique, apparaît en Inde avant le IVe siècle, pénètre au Tibet, sous le règne de Songtsen Gampo entre le VIIe siècle et le VIIIe siècle, sous l’influence de ses épouses, la princesse Bhrikuti du Népal et la princesse Wencheng de Chine. Il se répandra ensuite en Mongolie au XIIIe siècle, sous l’impulsion d’Ögödei, conseillé par le Khitan, Yelü Chucai. puis à l’ensemble de l’empire sino-mongol de la Dynastie Yuan sous le règne de Kubilaï Khan.