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Le secret du sourire intérieur (1ère partie)

Tenzin Gytaso, XIVe Dalaï Lama
Tenzin Gytaso, XIVe Dalaï Lama

Pour que le Qi (prononcer tch’i) puisse bien circuler, il faut que règne en nous le calme tant dans le mental que dans le corps. Adoptez, pour commencer, une attitude de détente et pratiquez de longues respirations abdominales (trente-six au total). Cependant, l’apaisement intérieur ne signifie pas seulement muscles et nerfs détendus. Pour que s’installe en vous la détente profonde il faut encore que les organes vitaux (coeur, poumons, foie, reins, estomac, système nerveux, système circulatoire) soient détendus. A cet effet les taoïstes de l’Antiquité ont pratiqué une méthode très simple: le sourire intérieur.

1. Le pouvoir de guérison du sourire

Il vous est sûrement arrivé de marcher dans la rue en grommelant, vous tracassant au sujet de choses que vous avez à faire, de vos rapports avec quelqu’un, de votre travail ou de la vie en général. A un moment, levant la tête, vous surprenez quelqu’un en train de vous sourire et, sans même en avoir conscience, vous lui rendez son sourire. En une fraction de seconde vos soucis se sont évanouis. Le dos redressé, vous continuez votre marche et quelque chose vous dit que tout s’arrangera. Le vrai sourire a des pouvoirs fabuleux.
Le sourire intérieur émet de puissantes ondes d’énergie curative.

Quand vous adressez un sourire à quelqu’un, il se sent réconforté. Quand vous souriez à vos plantes, celles-ci captent l’énergie de l’amour et croissent. En rentrant chez vous, si vous souriez à votre chien et lui caressez la tête, il remuera la queue en signe de contentement. Si, par contre, vous criez après lui et lui donnez des coups, il ira se tapir dans un coin, grognera ou vous mordra. Si vous vous répandez en invectives contre ceux que vous aimez, il vont prendre une attitude défensive.

Le vrai sourire est une marque d’amour; il transmet une énergie réconfortante, dotée d’un pouvoir de guérison. Ceux qui ne sourient pas perdent leur capacité de donner et de recevoir. Leur air sombre, leur manque d’humour face à la vie leur vaut souvent des ulcères ou d’autres dérèglements physiques. A l’inverse, ceux ayant le sourire aux lèvres apportent la joie à leur entourage; ils sont en bonne santé et vivent une existence heureuse. Tous ceux qui les rencontrent gardent d’eux un souvenir agréable.

Nous savons, bien sûr, faire la différence entre une personne gaie et une personne maussade et n’ignorons pas que le bonheur va avec la santé et la tristesse avec la maladie. Mais, en même temps, nous ignorons que le sourire est doté de pouvoirs ou, tout au moins, toute l’étendue de ceux-ci.
Aux temps anciens, les maîtres taoïstes enseignaient que le sourire intérieur, le sourire envers soi-même, était garant de santé, de bonheur et de longévité. Se sourire à soi-même, c’est comme un bain d’amour; il fait de vous votre meilleur ami. Le sourire intérieur apporte à ses pratiquants l’harmonie intérieure.

Si nous jetons un regard sur notre société occidentale, nous nous apercevons qu’elle ne connaît pas le secret du sourire. Elle reflète de façon tragique notre manque d’harmonie intérieure. Nous sommes de plus en plus en proie aux maladies physiques et psychiques, des maladies allant du cancer à l’anorexie nerveuse. La violence et la destruction règnent dans le monde, y faisant disparaître tout sentiment d’amour. L’individu autant que la société sont menacés par l’abus de drogues de toutes sortes et l’accumulation de déchets radioactifs. Nous avons perdu de vue le Tao. Nous étant éloignés du courant naturel de vie, nous avons perdu aussi notre pouvoir d’autoguérison.

2. Apportez l’amour à vos organes vitaux

Nos problèmes sont dans l’ensemble très complexes, au point que nous nous laissons submerger par eux. La plupart d’entre nous sont pris de découragement; nous baissons les bras et n’essayons même plus de comprendre le tableau intégral de la vie. Nos têtes chancellent tant elles sont pleines d’informations venant de toutes parts (télévision, radio, journaux, ordinateurs). Il nous faut arriver à les assimiler, ce qui n’est pas facile, d’autant que nous vivons dans la dissociation corps/esprit.

Un corps sain n’est pas atteint par le stress de la vie moderne; celle-ci lui fournit même l’occasion de créations nouvelles. Seulement, nombre de gens ne connaissent pas les mécanismes qui leur assureraient un équilibre naturel corps/esprit. Ils essaient d’assimiler le monde mentalement, par l’accumulation de concepts, de pensées, de désirs.

Ils oublient que leur corps est contraint de transporter vingt­-quatre heures sur vingt-quatre tout l’excédent de bagage mental et que celui-ci l’épuisera à la longue. L’épuisement corporel se traduira par une crise cardiaque, de l’arthritisme ou des dysfonctionnements hépatiques. Lorsque nous craquons, nous accusons notre « pauvre corps », à tort car le véritable coupable est notre mental sur-stressé.

La plupart d’entre nous ignorent jusqu’à la localisation de leurs organes physiques; et ne parlons pas de leur taille, de leur forme et de leurs fonctions, ce qui est une preuve de notre ignorance des rapports existant entre le corps et le mental. En admettant même que nous ayons une connaissance intellectuelle de nos organes physiques, celle-ci ne nous en donne pas une expérience tangible, car nous ne percevons pas les messages subtils qu’ils nous lancent sans cesse. Par exemple, nous croyons être contents lorsque notre mental l’est. Même si nos intestins se rebellent contre la suralimentation, si nos poumons sont chargés de nicotine, nos reins épuisés par l’abus de café, le mental, de son côté, continuera d’apprécier la cuisine gastronomique, la cigarette et le café. Nous sommes sourds aux messages que nous lancent nos organes et empêchons ainsi que s’actualise en nous l’expérience d’un profond bien-être physique.

Nous sommes comparables à cet automobiliste inconscient qui passe son temps à laver et briquer son véhicule puis à rouler sur des chemins poussiéreux, pleins de bosses et à qui il ne viendrait à l’idée ni de changer les bougies ni de faire une vidange. Lorsque sa voiture refuse de rouler, il pousse des jurons, se plaignant de ne pas être mécanicien et accusant le garagiste qui, pourtant, l’avait averti que la voiture avait besoin d’une révision complète.

Nous dépensons notre énergie (et notre argent) pour notre apparence physique, mais nous nous maltraitons intérieurement.
Nous avons exactement le même comportement. Nous dépensons notre énergie (et notre argent) pour notre apparence physique, mais nous nous maltraitons intérieurement. Nous avons un régime alimentaire déséquilibré, buvons de l’alcool, fumons. Et pire encore : nous nous privons d’amour. Or, s’il vient un jour où le souffle nous manquera, où nos reins seront bloqués, où un cancer se déclarera, nous en serons bouleversés.

D’aucuns arrivent à se convaincre de façon étonnante qu’ils ne sont pour rien dans leurs maladies. Ils s’empressent de porter le blâme de leur mauvaise santé sur les gênes, le vieillissement, la chance, etc. Trop de gens sont inconscients de ce qu’une maladie est directement imputable à des années entières de stress, d’abus corporels apparemment mineurs, notamment pour ce qui est des organes vitaux. Les organes vitaux sont intimement liés au cerveau. Le corps est le filtre de nos perceptions, de nos sentiments, de nos pensées; il est notre magasin de souvenirs, le sens même de notre identité.

Peu de gens réalisent que l’arrêt temporaire du fonctionnement psychique, l’absence temporaire de pensées ou de sensations, n’empêchent pas nos organes de continuer à fonctionner. Par contre, lorsque la rate éclate, que le cœur s’arrête de battre ou que le foie ne remplit plus ses fonctions, notre vie est vraiment en danger.

Le cerveau commande, mais ce sont les organes qui font le travail. Imaginez que vos organes travaillent dans une usine. Si le patron n’est jamais là ou s’il fait fi des doléances de ses employés (conditions de travail, horaires trop chargés, salaires trop maigres), ceux-ci vont finir par se décourager, se mettre en grève ou donner leur démission. L’usine ne tourne plus, la fabrication est arrêtée; à ce moment-là le patron se voit contraint d’ouvrir les négociations. Un peu tard car, si les ouvriers ont quitté leur travail, son autorité a baissé: peut-être l’usine ne rouvrira-t-elle jamais et le patron perdra-t-il son gagne-pain (n’oubliez pas que le problème ne date pas d’hier!).

A suivre…