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L’homme naît avec un centre. Mais il en est totalement ignorant.

Shree Bhagwan Rajneesh
Bagwann Shree Rajneesh (alias Osho)

L’homme naît avec un centre. Mais il en est totalement ignorant. L’homme peut vivre sans savoir qu’il possède un centre, mais il ne peut pas vivre sans que ce centre existe. Le centre est le lien entre l’homme et l’existence, la racine. Vous pouvez l’ignorer ; la connaissance n’est pas essentielle à l’existence du centre. Mais si vous ne le connaissez pas, votre vie sera celle d’un déraciné. Vous ne sentirez pas le sol sous vos pieds ; vous ne sentirez pas les assises de votre demeure ; vous ne serez qu’un vagabond dans l’univers.

Le centre est là, mais si vous ne le savez pas, votre vie sera une errance perpétuelle – dépourvue de sens, vide, sans direction. Vous aurez l’impression de vivre à côté de la vie, d’errer en attendant la mort. Vous pouvez très bien vivre en remettant toujours votre vie au lendemain, mais vous savez aussi que cela ne sert à rien. C’est une simple manière de passer le temps et le sentiment de frustration profonde que vous éprouvez vous suivra toujours, partout, comme une ombre. L’homme naît avec un centre mais non pas avec e connaissance de ce centre. Cette connaissance, il lui faut l’acquérir.

Le centre est là, vous ne pouvez exister sans lui. C’est un pont jeté entre vous et l’Existence (ou si vous préférez, entre vous et Dieu. Vous ne pouvez pas exister dans ce lien profond. Vos racines plongent dans le Divin. Comme les racines d’un arbre s’enfoncent dans la terre. Mais, au contraire de l’arbre, vous pouvez prendre conscience de vos racines, sentir le lien qui vous unit à l’Existence. Sans cette prise de conscience, votre vie sera un profond sommeil, un rêve.

Ce qu’Abraham Maslow a appelé « l’auto-actualisation » n’est pas autre chose, en fait, que la prise de conscience de vos racines. Vous n’êtes pas seul, vous faites partie du Tout Cosmique. Cet univers n’est pas un monde étranger, c’est votre demeure. Mais si vous ne découvrez pas vos racines, votre centre, l’univers vous restera étranger, extérieur.

Sartre dit que l’homme est « jeté là ». Il est bien clair que si vous ne connaissez pas votre centre, vous aurez l’impression d’être « jeté là » dans le monde. Vous  êtes un intrus : vous n’appartenez pas à ce monde et le monde ne vous appartient pas. De cette approche, il ne peut résulter que la peur, l’anxiété et l’angoisse. La vie toute entière n’est qu’une lutte, un combat, et un combat qui ne peut se solder que par un échec, parce que la partie ne triompher du tout.

Vous ne pouvez pas l’emporter contre l’Existence, vous pouvez l’emporter avec elle. Voici la différence qui existe entre un homme religieux et un homme non religieux. L’homme religieux est en harmonie avec l’Univers, l’homme non religieux se bat contre l’Univers. L’homme religieux n’est pas un « être jeté là », c’est un homme en devenir. La différence est extrême.

Quand Sartre dit que l’homme est un « être jeté là », la formulation même montre que l’homme n’appartient pas au monde.  On l’a jeté là, on l’ obligé, on ne lui a pas demandé son avis. Dans ce cas, le monde ne peut que lui être hostile et l’angoisse qu’il éprouve n’est qu’une conséquence logique.

Il peut en être autrement si, au lieu d’être jeté dans le monde, vous croissez comme une partie de lui, une partie organique. En vérité, il serait plus juste de dire que l’homme est une autre dimension de l’Univers, la dimension qu’on appelle humaine. L’Univers est multidimensionnel – il est dans les arbres, dans les collines, dans les étoiles, dans les planètes. L’homme représente une dimension de croissance, différente des autres.

Si vous ne prenez pas conscience de vos racines, de votre centre, vous ne pourrez jamais prendre conscience de votre mort. La mort n’existe pas que pour l’homme parce que lui seul peut prendre conscience de sa totalité et de son enracinement dans l’Univers.

Si vous vivez sans connaître votre centre, si vous vous sentez un intrus, vous ressentirez l’angoisse. Au contraire, si vous êtes en harmonie avec le monde, si vous sentez que vous êtes une partie du tout, une réalisation de la potentialité de l’Existence elle-même – comme si elle était réalisée à travers vous, comme si elle s’était développée en vous, si vous sentez vraiment votre existence de cette manière, alors, vous atteindrez la félicité.

La félicité st le résultat de l’union organique avec l’Univers, et l’angoisse le résultat d’une désunion. L’homme réalise l’union organique avec l’Univers quand il prend conscience du centre qui est en lui. Et ce centre, qui est là, même si l’homme n’en a pas conscience, est l’objet des sutras dont nous allons parler. Avant d’aborder le « Vigyana Bhairava Tantra » te ses techniques, encore quelques mots.

L’homme naît, enraciné dans un lieu particulier, dans un chakra (centre) particulier, le nombril. Les Japonais l’appellent hara; d’où le terme hara-kiri qui signifie littéralement , détruire le centre. En réalité, nous faisons tous hara-kiri. Nous n’avons pas détruit le centre, mais nous l’avons oublié, nous nous en sommes éloignés de plus en plus.

A sa naissance, l’enfant est au centre centre de lui-même, dans le hara, le nombril. Son existence est intimement liée au hara. Regardez un bébé respirer ; il respire avec son ventre, il vit avec son ventre – non pas avec sa tête, ni avec son cœur. Mais au fil des années, il va s’en éloigner.

L’enfant va se développer à travers le cœur, centre des émotions. Il va apprendre l’amour, il va apprendre à être aimé et à aimer. Le cœur est le centre secondaire mais il a son importance.

Si l’enfant grandit sans amour, il ne pourra jamais aimer, parce que son cœur est atrophié. L’amour maternel, l’amour paternel, l’amour familial, l’amour de la société, contribuent au développement de ce centre. Le cœur, le centre de l’amour, est un centre secondaire. Si on ne l’aide pas à se développer, il restera atrophié. Combien de personnes ont un cœur atrophié ! Chaque père, chaque mère imagine aimer son enfant. Mais l’amour est une croissance difficile. Et si l’enfant grandit sans amour, il sera incapable d’aimer à son tour.

C’est ainsi que l’humanité toute entière vit sans amour. On fait des enfants, sans savoir leur donner de l’amour, sans développer leur cœur. En réalité, à mesure que notre société devient de plus en plus civilisée, elle pousse à la création d’un troisième centre : l’intellect. Le premier centre est le centre originel ; il nous est donné à notre naissance *. Sans lui, la vie est impossible. Le second centre est secondaire : si l’enfant reçoit de l’amour, il y répond. Et c’est en y répondant, qu’il développe le centre de ses émotions. Le troisième centre est la raison, l’intellect, la tête. C’est également un centre secondaire qui se développe avec l’éducation, la logique et l’enseignement.

Nous vivons surtout dans le troisième centre. Le second est presque absent – ou s’il existe, il ne fonctionne pas, ou même s’il fonctionne, il fonctionne irrégulièrement. Mais le troisième centre, la tête, est devenu fondamental dans notre existence. Nous en avons besoin pour raisonner, pour réfléchir, pour penser.

La tête, le cœur, le nombril – voici les trois centres. Le nombril est le centre originel. Il est bon de développer le cœur pour de nombreuses raisons. Il est nécessaire de développer le troisième centre, la tête, mais pas au détriment du cœur, parce qu’à ce moment-là, il vous manquera un maillon dans la chaîne et vous ne pourrez plus retrouver le centre originel. Le développement se fait de la raison à l’existence pour aboutir à l’être. Essayons de comprendre.

A suivre

Source : Le livre des secrets de Bhagwan Shree Rajneesh