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Les trois centres : la tête, le cœur et le nombril

Shree Bhagwan Rajneesh
Bhagwan Shree Rajneesh (alias Osho)

La tête, le cœur, le nombril – voici les trois centres. Le nombril est le centre originel. Il est bon de développer le cœur pour de nombreuses raisons. Il est nécessaire de développer le troisième centre, la tête, mais pas au détriment du cœur, parce qu’à ce moment-là, il vous manquera un maillon dans la chaîne et vous ne pourrez plus retrouver le centre originel. Le développement se fait de la raison à l’existence pour aboutir à l’être. Essayons de comprendre.

Le centre du nombril est dans l’être, le centre du cœur est dans l’motion, le centre de la tête est dans connaissance. La connaissance est plus éloignée de l’être que l’émotion. S’il vous manque le moyen terme – le cœur – il vous sera plus difficile de jeter un pont entre la raison et l’être. C’est la raison pour laquelle une personne sensible aux émotions peut prendre conscience de son harmonie avec le monde plus facilement qu’une personne sensible aux arguments intellectuels.

La culture occidentale a choisi de mettre l’accent sur l’intellect, créant ainsi l’angoisse du vide, du néant, de l’inaptitude. Simone Weil a donné comme titre à l’un de ses livres, « L’enracinement ». Si l’homme occidental se sent déraciné, c’est bien parce que sa tête est devenue le centre principal. Le cœur a été négligé et il lui manque.

Par « cœur », nous n’entendons pas l’organe physiologique, mais la capacité de ressentir et par « être », la capacité d’union avec l’Univers.

L' »être » est l’objet de la religion ; le cœur, l’objet de la poésie ; la tête, ce lui de la philosophie et de la science. L’être est le hara originel. Comment l’atteindre ? Comment parvenir à sa Réalisation ?

Il arrive parfois – rarement, accidentellement –  que vous vous approchiez du hara, lors des moments de félicité. Pendant l’amour, par exemple, pendant l’orgasme sexuel, il arrive que vous vous approchiez du hara. C’est pour cette raison que le sexe exerce cette fascination. En réalité, ce n’est pas l’orgasme qui vous apporte la félicité, c’est le hara.

En descendant de la tête vers le sexe, vous passez par le hara, vous le touchez. Mais pour l’homme moderne, même cela est devenu impossible, parce que même le exe est devenu une affaire cérébrale, une affaire mentale. Même le sexe doit passer par la tête. D’où l’abondance de films, de livres, de littérature pornographique. La sexualité est une expérience, et non pas un objet de réflexion. Si vous vous mettez à réfléchir sur ce sujet, il vous sera de plus en plus difficile de l’expérimenter, de le vivre, parce que la tête, la raison, ne sont pas concernées.

Plus l’homme moderne est incapable de vivre sa sexualité, plus il réfléchit sur ce sujet. Et plus il réfléchit, plus sa sexualité devient cérébrale, futile, ennuyeuse. Et en fin de compte, on se sent frustré. Pourquoi ? Parce que la conscience este dans la tête.

Ce n’est que lorsqu’on passe par le hara qu’on ressent la félicité. Un guerrier au combat peut ressentir la félicité. Je ne parle pas des guerriers modernes, par ce que ce ne sont pas des guerriers. La personne qui jette des bombes sur une ville, est endormie. Ce n’est pas un Kshatriya – ce n’est pas Arjuna luttant.

Il arrive qu’au seuil de la mort, on s’approche du hara. Pour le guerrier qui se bat avec sa seule épée, la mort est possible à tout instant. Et quand on se bat avec une épée, on n’a pas le temps de penser. La pensée demande du temps. Dans le combat, le temps est compté. Si on prend le temps de réfléchir, on est mort. lors, la conscience revient au hara. Et le guerrier ressent la félicité. C’est pour cette raison que la guerre exerce cette fascination. La guerre et le sexe. Parce qu’on passe par le hara.

Nietzsche a dit qu’il fallait vivre dangereusement. Pourquoi ? Parce que le danger vous rapproche du hara. Vous n’avez plus le temps de penser, il faut agir immédiatement.

Imaginons qu’un serpent passe près de vous. Brusquement, à la vue du serpent, vous faites un bond de côté pour vous en éloigner. Vous ne pensez pas : « il y a un serpent ; les serpents sont dangereux, il faut donc que je m’en éloigne. » Non, vous n’avez pas le temps de raisonner, sinon le serpent va vous mordre. Il faut agir spontanément, immédiatement. L’acte vient d’abord, la pensée après.

D’habitude, quand il n’y a pas de danger, vous pensez d’abord, vous agissez après. Dans le danger, le processus est inversé. Vous agissez d’abord, et vous pensez après. Cette action est spontanée, qui n’est pas le fruit de la réflexion, vous approche du hara, qui n’est pas le fruit d’une réflexion, vous rapproche du hara. C’est la raison pour laquelle le danger fascine.

Quand vous conduisez une voiture très, très vite, chaque instant est dangereux. A chaque instant, vous risquez la mort. Dans cet instant de suspense, quand la vie et la mort sont aussi proches, l’esprit s’arrête, vous êtes au centre de vous même, dans la hara. C’est encore une fascination du danger. Ou bien, vous êtes à une table de jeu, et vous avez posé tout ce que vous aviez sur un numéro. L’esprit s’arrête ; le moment est dangereux. En une seconde, vous pouvez devenir un mendiant. L’esprit ne peut plus fonctionner ; vous êtes dans le hara.

Le danger fascine parce que dans une situation dangereuse, la conscience ordinaire, la conscience quotidienne, ne peut pas fonctionner. Le danger est une expérience profonde. L’esprit n’est pas sollicité. Il n’est pas là, et vous êtes. La pensée n’est pas là, et vous êtes conscient. Vous atteignez l’état méditatif. En fait, le jeu, le combat, le duel, la guerre, toute situation dangereuse, provoque un état méditatif. C’est sans doute la raison pour laquelle, l’homme les recherche.

La félicité vous envahit soudain, explose en vous. Comme une pluie de lumière. Mais ces moments sont accidentels et très brefs. Une chose cependant, est certaine : quand vous ressentez la félicité, vous êtes proche du hara, qu’elle qu’en soit la cause.

A suivre…

Source : Le livre des secrets de Bhagwan Shree Rajneesh