Le Tao, la lumière violette et l’étoile polaire

GRAND BOUDDHA DEBOUT. Gandhara, 1er-2e siècle après JC

Dans les enseignements du Tao ancien, il est dit que le spectre de la Lumière violette parvient à notre terre physique via le point fixe qu’est l’étoile polaire et que, lorsque nous nous connectons avec cette étoile, nous nous libérons de la force d’attraction qui nous lie aux cycles naturels de vie et de mort sur terre. Les taoïstes nomment la nutrition suprême, Wuchi1, un centre d’énergie universelle dont le ciel et la terre sont nés.

Les maîtres taoïstes disent qu’il existe trois portes dans le corps par lesquelles la nutrition du Wuchi peut passer, ce sont le Dantian2 supérieur qui correspond au chakra du troisième œil, le Dantian du milieu qui correspond à notre chakra du cœur et le Dantian inférieur qui correspond à notre chakra sacré. Ils disent aussi que, lorsqu’ils sont harmonisés, ces trois centres énergétiques établissent une connexion entre le ciel et la terre à l’intérieur de nous. Le cœur taoïste a sept niveaux, sept champs électromagnétiques et sept états de compassion.

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Le Dao

Nébuleuse de l'Hélice et Calligraphie Dao
La Nébuleuse de l’Hélice (NGC 7293) est une nébuleuse planétaire située dans la constellation du Verseau, à proximité du Poisson austral. Sa forte ressemblance avec un œil humain lui a valu le surnom de « l’œil de Dieu ». (Wikipédia)

Le Dao peut être défini comme l’origine et la source permanente d’énergie de l’univers. Il est omniprésent, mais imperceptible, car invisible, incolore, inodore, muet et impalpable.

Les premiers chrétiens arrivés en Chine y virent bien entendu une représentation de Dieu. Ils avaient en partie raison dans le sens où Dieu et Dao1 sont des entités créatrices transcendantales et revêtent le même caractère mystique et sacré.

Il faut toutefois souligner une différence de conception importante chez les Chinois : le Dao n’est pas perçu comme une entité sensible (il n’est ni amour ni haine ni pensante).

À cet égard, il est indifférent, si tant est qu’il puisse ressentir de l’indifférence, aux vicissitudes de l’homme, qui n’a donc rien à attendre de lui : le Dao ne va pas spontanément au secours de l’homme, en revanche, l’homme peut trouver son salut à travers son union mystique avec le Dao. Alors que l’Occidental se place souvent dans une attitude d’attente ou d’espérance, le Chinois (le Taoïste dans la voie spirituelle, le Confucianiste dans la voie intellectuelle et matérielle) ne compte en général que sur son propre travail et ses propres efforts pour trouver son salut. Autre point intéressant, de convergence et de divergence à la fois : si Dieu est associé au père, le Dao l’est à la mère2 (“la mère de la myriade des êtres”).

Auteur: Philippe CHE (sinologue)

Notes :

1. Tao/Dao peut être considéré comme la matrice préalable au sein de l’univers au passage du Qi, le souffle originel, précédant la parité binaire du yin-yang. Il est représenté par le tajiitu, symbole représentant l’unité au-delà du dualisme yin-yang.

2. Le Dao est aussi appelé “la femelle mystérieuse” qui, selon Lao Tseu (chapitre 6 du Tao Te King), est la racine du Ciel et de la Terre. Elle dure perpétuellement et se dépense sans s’user…

Le Qi cosmique

Le Qi cosmique (Nébuleuse de la constellation d'Orion)
La nébuleuse de la Tête de Cheval, officiellement connue sous le nom de Barnard 33 (IC 434 désigne la nébuleuse émissive à l’arrière-plan), est une nébuleuse obscure dans la constellation d’Orion. La nébuleuse est située juste en dessous d’Alnitak (ζ Ori), l’étoile la plus à l’est de la ceinture d’Orion.

(Suite de l’article ” L’énergie relie corps et âme “)

Pour en revenir à la compréhension du mot âme selon les anciens chinois, il n’est que de travailler le Qi (énergie du souffle), qui doit être considéré comme l’objet principal dans la pratique de la perfection spirituelle. Mais le succès de la pratique du taiji quan dépend surtout de deux éléments : des méridiens et du Qi. Il faut faire en sorte que tout le réseau de drainage et d’irrigation, surtout le réseau des lignes principales des méridiens, soit débloqué correctement pour que le Qi puisse en même temps circuler librement, d’où la nécessité d’un art attentif à cultiver, préserver et travailler son énergie. Mais les travaux de drainage du réseau subtil des méridiens ne sont possibles que si le débit du Qi atteint un degré suffisamment puissant pour exercer une certaine pression ; par conséquent, la pratique de l’énergie du souffle et la puissance de ce travail intérieur sont essentiels au drainage du corps des méridiens. Par ailleurs, les étapes supérieures du gongfu1, telles que celles de l’élaboration du Shen, du stockage du Qi dans les os, etc., constituent en réalité autant de sublimations du Qi.

Si la culture du Qi est une spécialité des taoïstes, les autres écoles y attachent aussi de l’importance. Dans l’école confucéenne, il est dit dans le livre II de Mencius2 :
« L’esprit, c’est le commandant du Qi, et le Qi c’est ce dont le corps est rempli. L’esprit détient l’autorité suprême et le Qi vient tout de suite après, aussi faut-il contrôler toujours avec fermeté son esprit (Mencius utilise le mot Zhi qui n’est autre que le Yi) et s’abstenir de dépenser son Qi improprement ».

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«Wu wei», l’art de réussir sans essayer

Huangshan (littéralement:
Huangshan (littéralement: “Les montagnes jaunes”), est une chaîne de montagnes située au Sud de la Province de Anhui (Chine orientale).

Un état de grâce dans lequel l’action s’accomplit par enchantement, sans le concours de la volonté : tout le monde l’a vécu, personne ne sait y retourner… Entre Confucius, taoïsme et neurosciences, le philosophe Edward Slingerland trace un chemin.

Wu wei : tout le monde connaît. Pas le terme, peut-être, mais les manifestations de la chose. C’est ce qui se passe lorsque l’acte que vous êtes en train d’accomplir vous réussit par enchantement, sans effort, ni volonté : votre tâche se remplit d’elle-même, pour ainsi dire, presque sans vous. Vous dites alors que vous êtes « en état de grâce », ou « dans le flux ». Vous ressentez une euphorie paisible et une sorte de gratitude, sans trop savoir vis-à-vis de qui. Car cet état mental, lorsqu’il est là, rend possibles des exploits sportifs, des performances professionnelles, des actes de création, ou tout simplement des sommets d’aise dans le déroulement d’une conversation. Vos répliques s’enchâssent dans celles de votre interlocuteur avec un tempo, une pertinence, un brio parfaits. Une magie opère, une spontanéité heureuse, comme un charme. Vous n’êtes que mouvement, sans intention. Immergé en vous-même, et en même temps sereinement alerte à ce qui se passe, vous persuadez, vous emportez l’adhésion: vous séduisez. Car – cerise sur le gâteau – de la personne qui se trouve en plein wu wei émane une sorte de charisme appelée de : une force d’attraction qui conduit les autres à lui faire confiance et vouloir être avec elle…

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L’énergie de la Grande Ourse

La Grande Ourse ou Boisseau du Nord

Les Chinois crurent longtemps que les ” Trois Luminaires “, à savoir le Soleil, la Lune et la Grande Ourse, commandaient les phénomènes célestes et le calendrier. Chacun d’eux avait un rôle et un seul : le Soleil présidait au jour, qu’il menait par son lever et son coucher ; la Lune présidait aux mois, qu’elle menait par ses phases ; enfin la Grande Ourse, appelée constellation du Boisseau (ou Boisseau du Nord), présidait à l’année, qu’elle menait en faisant le tour du ciel, son Manche pointant successivement aux points cardinaux dans l’ordre où, suivant la théorie chinoise, ils correspondent aux saisons, à l’est au printemps, au sud en été, à l’ouest en automne, au nord en hiver. C’est parce qu’ils rattachaient le mouvement de l’année et des saisons à la Grande Ourse (dont le Manche pointe au sud en été et au nord en hiver), et non au Soleil, qu’ils ont toujours fait correspondre l’hiver au Nord et l’été au Sud, alors que les Grecs, qui rattachaient les saisons aux mouvements du Soleil, ont mis l’hiver au Sud et l’été au Nord.

La Grande Ourse, qui dirigeait la rotation éternelle des étoiles et des saisons, était ainsi la grande régulatrice du calendrier et de la marche constante du monde ; malgré sa distance du Pôle, on admettait qu’elle pivotait sur elle-même, délimitant la région polaire, en sorte qu’on pouvait faire dire à Confucius :

” Elle ne se déplace pas (c’est-à-dire ne quitte pas la région centrale du Ciel, à l’encontre des autres constellations qui sont, suivant les temps, au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest), et toutes les autres constellations viennent lui rendre hommage. ”

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Wu-wei et non-agir

Wuwei - L'agir sans agir

Wu-wei, le non-agir, est le concept central de Lao Tseu. C’est la nature fondamentale du tao et l’attitude du sage. Pour Jung, Wu wei ce n’est pas le rien-faire mais le non-agir sur un mode rationnel que l’on peut comparer à l’art de laisser les choses se produire comme chez Maître Eckhardt et dans sa propre méthode d’imagination active. Wu wei est une attitude de renoncement actif à la prédominance du moi ; c’est aussi le processus qui consiste à laisser s’affaiblir les aspects de la personnalité qui ne sont pas essentiels ; c’est ce que confirme le chapitre 48 :

À la poursuite de la voie
On s’appauvrit Chaque jour.
De plus en plus, Jusqu’à ce que rien
Ne demeure inachevé.

On remarquera que le non-agir du tao nourrit le désir d’agir parmi les créatures parce que c’est sous l’influence du tao que ce désir prend forme. La restriction du désir associée à la simplicité sans nom devient ensuite nécessaire pour que s’installe l’état de tranquillité.

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L’énergie intérieure relie corps et âme

Pour les Chinois, sainteté et santé sont synonymes. Pour quels motifs, le travail du corps et celui de l’esprit seraient similaires ?

Corps et âme sont si proches et si intimement liés qu’il suffit de connaître l’un pour avoir accès obligatoirement à l’autre. Mais un travail corporel à l’orientale est toujours un travail intérieur qui ne peut se faire sans l’intervention du Qi. On pourrait dire à ce sujet que le Qi (le souffle) et le Shen (la puissance spirituelle) sont les messagers subtils qui relient corps et âme.
Seuls les gens qui détiennent les secrets du Qi ou ceux qui progressent dans cette voie de transmutation des énergies intérieures peuvent prendre conscience par paliers d’expérimentations du message vivant de Laozi1.

Tout le monde s’accorde à dire que l’âme est un agent essentiel de la vie, et un principe spirituel qui, uni au corps, constitue l’être vivant. Mais au fond, qu’est-ce que l’âme ? Chacun peut comprendre ce terme à sa façon. Certains se pencheront vers une interprétation sentimentale, d’autres vers un raisonnement intellectuel. L’âme semble être une notion tellement abstraite qu’il est difficile d’en parler et d’en donner une définition satisfaisante. On peut néanmoins rendre le sens de l’âme moins vague, moins palpable en éclairant la signification qu’il prend pour les bouddhistes et les taoïstes ; il suffit pour cela de prendre comme exemple la pratique du taiji quan (Taïchi Chuan), ce qui nous fera encore mieux comprendre le lien établi par les Anciens entre sainteté, santé et longévité.

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Les pratiques taoïstes avec les étoiles

Crédit :  A. Duro/ESO

Texte de Juan Li

Depuis les temps les plus reculés, les Taoïstes développèrent toute une gamme de pratiques en lien avec les étoiles de l’hémisphère nord. Ils avaient en effet constaté que les énergies célestes jouent un rôle décisif dans la vie des êtres humains. Au cours de la période préindustrielle, les êtres humains étaient étroitement connectés avec les cycles du soleil, de la lune et des étoiles pour tout ce qui concernait l’agriculture, les fêtes sacrées, l’investiture des personnages politiques, le début des guerres, la procréation et le commerce. L’énergie céleste était considérée comme le complément de l’énergie terrestre.

Dans la cosmologie taoïste, la création a lieu grâce à l’union de l’énergie céleste (Yang-masculine) avec l’énergie terrestre (Yin-féminine). Les Taoïstes avaient compris que la création ne peut se faire avec une seule polarité, et que l’union des deux polarités génère une force au-delà des polarités, une énergie d’harmonie qui est la matière première de toute création. Tout pratiquant qui travaille les énergies de l’univers doit développer une grande connaissance tant des énergies terrestres que des énergies célestes, qui émanent des étoiles, des planètes, des comètes et des galaxies.

L’importance de l’étoile Polaire

Localisation de l’étoile polaire par rapport à la Petite Ourse et la Grande Ourse

Les Taoïstes commencèrent par développer des pratiques directes tout d’abord avec l’étoile polaire (太子: Tài Zǐ en chinois). Cette étoile préside à l’axe central de la Terre et nous semble immobile, en raison de l’inclination de l’axe terrestre.

Les Taoïstes développèrent l’anatomie ésotérique du corps humain, le système des méridiens, à travers lesquels circule l’énergie vitale et qui sont en lien avec les organes et les fonctions vitales. Le système des méridiens est à l’image d’un arbre aux branches nombreuses dans lesquelles circule la sève qui nourrit les feuilles et les fruits. Toutes les branches de l’arbre sont en lien avec le tronc qui joue un rôle décisif dans le processus de circulation de l’énergie. Il est enraciné dans la Terre (Yin) et connecté avec le Ciel (Yang). Du point de vue taoïste, c’est l’union du Yang céleste avec le Yin terrestre qui permet au tronc de l’arbre de nourrir les branches afin que poussent les graines de la prochaine génération.

Le corps humain a aussi un tronc qui est connecté avec le Ciel et la Terre. C’est ce qu’on appelle le « canal central » (Chong Mai). Il se trouve au centre même du corps et le traverse du périnée au sommet de la tête. D’après les Taoïstes, tous les êtres vivants ont un canal central, qui fait le lien entre le Ciel et la Terre. La Terre, qui est un être vivant, a aussi un canal central, qui la traverse du pôle sud au pôle nord.

L’étoile polaire, qui préside au canal central de la Terre ainsi qu’à celui de tous les êtres vivant dans l’hémisphère nord, est l’énergie céleste clé de la création. Les Taoïstes commencent donc les pratiques avec les étoiles en se connectant consciemment à l’étoile Polaire.

L’énergie lumineuse qu’irradie l’étoile polaire présente des qualités que le pratiquant taoïste souhaite développer, comme par exemple un sentiment de stabilité et de calme. Le pratiquant qui souhaite rentrer dans un état de profond silence mental se connecte avec l’étoile polaire au début de la méditation. Il crée une ligne de contact directe entre la dimension subtile de l’étoile physique et le sommet de sa tête, le point par lequel passe son propre canal central. Si le dialogue interne recommence pendant la méditation, cela veut dire que le lien avec l’étoile polaire a été perdu et qu’il faut le rétablir.

L’étoile polaire irradie aussi une énergie qui aide l’être humain à persévérer dans tout ce qu’il fait, qui l’aide à conserver la pureté de son intention, quels que soient les obstacles. Il arrive souvent que les personnes ordinaires ne fassent preuve de persévérance que pour une courte durée. Grâce au flux d’énergie qu’ils établissent avec l’étoile polaire dans leurs méditations quotidiennes, les Taoïstes parviennent à développer une grande persévérance.

Tout processus créatif, toute pratique énergétique requiert une bonne connexion avec la Terre. L’étoile polaire favorise le développement d’une telle connexion avec la Terre, parce que l’énergie céleste a une forte tendance à pénétrer dans la Terre. Plus les pratiques énergétiques sont avancées, plus une connexion profonde avec la Terre est requise. C’est pourquoi les Taoïstes approfondissent leur connexion avec l’étoile polaire au fur et à mesure qu’ils progressent sur le chemin ésotérique.

Une autre qualité clé que l’énergie de l’étoile polaire aide à développer est celle de trouver le chemin à suivre dans tout ce qu’on fait. La clarté de l’étoile polaire engendre un état de clarté mentale et spirituelle qui permet au pratiquant de repérer la voie à suivre. La zone centrale du cerveau, où se trouvent les glandes pinéale et hypophyse, se développe. Les Taoïstes appellent cette zone la chambre de cristal ou chaudron supérieur. L’alchimie avancée taoïste se produit dans ce chaudron, quand la lumière céleste de l’étoile polaire se fond avec l’énergie Yin de la Terre. Le développement de la chambre de cristal à l’aide de l’étoile polaire permet au pratiquant d’entrer dans un état de profonde concentration dans lequel le sens du soi se dissout et le pratiquant expérimente un état de clarté suprême. Cette transcendance de l’ego individuel se réalise grâce aux hautes fréquences énergétiques produites dans la chambre de cristal. La capacité à maintenir cet état de haute fréquence joue un rôle décisif dans l’évolution humaine. Comme, selon les Taoïstes, la qualité énergétique que nous irradions attire une qualité semblable de l’univers, l’état suprême de calme qui se développe à partir de la chambre de cristal met en route un processus d’attraction et une connexion permanente avec les fréquences les plus hautes de l’étoile polaire. Les Taoïstes disent que lorsque le pratiquant en est là, il a ouvert les portes de l’étoile polaire et peut continuer son chemin au-delà de la dimension physique.

Le développement d’une connexion avec l’étoile polaire et le développement de la chambre de cristal vont de pair avec l’évolution énergétique du canal central, qui, rappelons-le, est présidé par l’étoile polaire. Au fur et à mesure que le canal central augmente sa fréquence, grâce au développement de la chambre de cristal, les méridiens, qui sont connectés avec le canal central, entrent eux aussi dans un processus évolutif. L’organisme entier augmente alors sa fréquence au-delà du niveau ordinaire et la conscience humaine, qui est attachée à la dimension physique par l’ego, commence à vibrer au-delà de la dimension physique. Les Taoïstes entrent alors dans la phase qu’on appelle le voyage céleste faute d’un langage approprié.

Les étoiles de la Grande Ourse

Dans la zone circumpolaire de l’hémisphère nord, l’étoile polaire joue le rôle d’axe central autour duquel les autres étoiles semblent tourner. Les Taoïstes considèrent l’étoile Polaire comme l’empereur céleste et les étoiles qui tournent autour d’elle comme les différents ministres et fonctionnaires célestes. Parmi les étoiles circumpolaires, on prête une attention particulière aux étoiles de la Grande Ourse (Beidou en chinois ou Boisseau du Nord). Ce groupe d’étoiles irradie tout un éventail d’énergies qui influencent les cinq éléments de la Terre et de l’être humain. De la même manière que l’énergie du ciel et de la terre se combinent pour produire de l’énergie créative qui circule du canal central vers les branches, l’étoile polaire envoie de l’énergie aux étoiles de la Grande Ourse et de là à tous les êtres vivants de la Terre.

Photo de la Grande Ourse : NASA

La première étoile de la Grande Ourse s’appelle, dans l’astronomie moderne, DUBHE (α). Elle irradie une forte énergie jaune qui renforce l’élément Feu et le Coeur de l’être humain. Sa lumière subtile protège le pratiquant et l’aide à développer les fréquences les plus élevées de l’énergie du Cœur comme l’amour et le respect profond.

La deuxième étoile de la Grande Ourse s’appelle MERAK (β). Elle irradie une forte lumière bleue qui renforce l’élément Métal et les Poumons de l’être humain. Sa lumière subtile aide le pratiquant à développer un courage spontané et une harmonie interne qui lui permettent de travailler dans des situations qui nécessitent un grand calme.

La troisième étoile de la Grande Ourse s’appelle PHEKDA (γ). Elle irradie une lumière blanche subtile qui renforce l’élément Bois et le Foie-Vésicule Biliaire de l’être humain. La lumière de Phekda produit une attitude de générosité, d’ouverture, de partage et facilite l’action immédiate.

La quatrième étoile de la Grande Ourse s’appelle MEGREZ (δ). Elle irradie une lumière blanche subtile qui renforce l’élément Terre et la Rate de l’être humain. L’énergie de cette étoile aide à développer le sentiment de possibilités infinies, caractéristique de l’univers lui-même. Le pratiquant dénué de cette conception travaille avec une perspective limitée et un potentiel réduit.

La cinquième étoile de la Grande Ourse s’appelle ALIOTH (ε). Elle irradie une forte lumière blanche qui renforce également l’élément Terre et cette fois l’Estomac de l’être humain. Son énergie aide à assimiler et intégrer les expériences vécues.

La sixième étoile s’appelle MIZAR (ζ). C’est en fait une étoile double, la deuxième étoile s’appelant ALCOR. Sa lumière blanche renforce l’élément Eau et les Reins. Elle renforce la confiance en soi, aide à dissiper la peur, à s’aventurer dans l’inconnu. Les Taoïstes se connectent avec la lumière subtile de MIZAR quand ils interrogent le I Ching1).

La septième étoile de la Grande Ourse s’appelle ALKAID (η). Elle préside la partie inférieure du corps humain et aide à développer la connexion avec la Terre, les racines et à garder la souplesse des articulations. Les ermites taoïstes qui vivaient dans les grottes froides des montagnes sacrées pendant l’hiver se connectaient avec ALKAID pour développer les pratiques de la chaleur interne qui leur permettaient de survivre malgré le froid et ce sans avoir besoin d’interrompre leurs pratiques de méditation.

Les pratiques taoïstes avec les étoiles ne se limitent pas aux étoiles circumpolaires. Au fur et à mesure que le pratiquant avance dans sa connaissance ésotérique, il est initié à d’autres sources d’appui célestes jusqu’à arriver au point où l’univers extérieur est clairement établi dans l’univers interne du pratiquant, dans son corps subtil. A ce moment, l’alchimiste taoïste reflète ici-bas tout ce qu’il y a là-haut.

Source :  I ChingDao

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Notes

  1. I Ching (également orthographié Yi King ou Yi-King) : manuel chinois dont le titre peut se traduire par « Classique des changements » ou « Traité canonique des mutations ». Il s’agit d’un système de signes binaires qui peut être utilisé pour faire des divinations.

Yin Yang, une opposition créatrice

La vision taoïste propose un univers dont la partie perceptible par les sens est :

– en éternel processus d’expérimentation;
– un théâtre où s’interpénètrent, s’opposent et s’influencent mutuellement et cycliquement deux forces :

  • des Souffles dynamiques, transformateurs, séparateurs, multiplicateurs que l’on associe au principe Yang, plus masculin; et
  • des Souffles passifs, stables, structurants, condensants, unifiants que l’on associe au principe Yin, plus féminin.

A noter que le Yin contient l’essence (le germe) du Yang et inversement. Ce qui peut se traduire avec les exemple ci-dessous.

  1. L’immobilité contient le germe du mouvement et inversement,
  2. Avancer contient le germe de reculer et inversement,
  3. Elever contient le germe de descendre et inversement,
  4. Pivoter le corps à gauche contient l’essence de pivoter à droite,
  5. Etc…

Nous nous exerçons à mettre en pratique ces principes dans les cours de Qi Gong, de Taïchi Chuan et de Méditation