San Bao, les trois trésors – Le Jing

Parc national Zhangjiajie en Chine
Parc national Zhangjiajie en Chine

Selon la tradition chinoise, un être humain ne peut se manifester que lorsque trois facteurs vitaux sont réunis, les Trois Trésors (San Bao) à:

  1. une trame de vie : le Jing – Principe vital
  2. un dynamisme : le Qi – Energie
  3. un esprit configurateur et individuel : le Shen – Conscience organisatrice

Le Jing – Principe vital

La notion de Jing est probablement l’une des plus complexes et des plus subtiles de la philosophie chinoise. Il est impossible, voire prétentieux, d’essayer de définir et d’enfermer ce terme en quelques lignes, tant il couvre différents niveaux de réalités dont certains dépassent la nature limitée de notre mental. Comme dit la tradition, le Jing appartient à l’invisible, à l’imperceptible.

Nous nous contenterons de souligner les aspects les plus concrets que le lecteur pourra enrichir grâce à sa propre réflexion et à la lumière des ouvrages cités dans la bibliographie.
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Douze étapes d’un cycle de vie

Le symbole Yin Yang au centre des animaux du zodiaque chinois

Wu Ji considère la vie comme un tout intégré. Yin Yang voit le tout sous deux aspects interdépendants. Le cycle de croissance en 12 étapes voit le même tout en 12 aspects ou phases énergétiques, chaque phase ayant une relation avec le tout, ainsi que les autres phases. Le Yin Yang, les cinq phases et le cycle de croissance en 12 étapes peuvent percevoir et révéler différentes conditions au sein d’une même situation, offrant une variété d’outils analytiques et de méthodes de traitement.

Le cycle de croissance en 12 étapes identifie les étapes de croissance et de déclin d’un cycle. Les stades les plus favorables et les plus puissants pour de nombreuses applications des arts taoïstes sont les stades quatre et cinq, ou adulte et premier (Wang). Chaque modèle a ces cycles, qui peuvent offrir des opportunités. Par exemple, dans les étoiles volantes feng shui (xuan kong fei xing), nous identifions les étoiles Wang et les activons pour générer des énergies et des influences propices et prospères. Le cycle de croissance en 12 étapes est la structure énergétique de l’horloge méridienne. De nombreuses méthodes d’identification des méthodes d’acupuncture et de traitement à base de plantes existent dans ce modèle énergétique.
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Le secret du sourire intérieur (1ère partie)

Tenzin Gytaso, XIVe Dalaï Lama
Tenzin Gytaso, XIVe Dalaï Lama

Pour que le Qi (prononcer tch’i) puisse bien circuler, il faut que règne en nous le calme tant dans le mental que dans le corps. Adoptez, pour commencer, une attitude de détente et pratiquez de longues respirations abdominales (trente-six au total). Cependant, l’apaisement intérieur ne signifie pas seulement muscles et nerfs détendus. Pour que s’installe en vous la détente profonde il faut encore que les organes vitaux (coeur, poumons, foie, reins, estomac, système nerveux, système circulatoire) soient détendus. A cet effet les taoïstes de l’Antiquité ont pratiqué une méthode très simple: le sourire intérieur.

1. Le pouvoir de guérison du sourire

Il vous est sûrement arrivé de marcher dans la rue en grommelant, vous tracassant au sujet de choses que vous avez à faire, de vos rapports avec quelqu’un, de votre travail ou de la vie en général. A un moment, levant la tête, vous surprenez quelqu’un en train de vous sourire et, sans même en avoir conscience, vous lui rendez son sourire. En une fraction de seconde vos soucis se sont évanouis. Le dos redressé, vous continuez votre marche et quelque chose vous dit que tout s’arrangera. Le vrai sourire a des pouvoirs fabuleux.
Le sourire intérieur émet de puissantes ondes d’énergie curative.

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Le Tao, la lumière violette et l’étoile polaire

GRAND BOUDDHA DEBOUT. Gandhara, 1er-2e siècle après JC

Dans les enseignements du Tao ancien, il est dit que le spectre de la Lumière violette parvient à notre terre physique via le point fixe qu’est l’étoile polaire et que, lorsque nous nous connectons avec cette étoile, nous nous libérons de la force d’attraction qui nous lie aux cycles naturels de vie et de mort sur terre. Les taoïstes nomment la nutrition suprême, Wuchi1, un centre d’énergie universelle dont le ciel et la terre sont nés.

Les maîtres taoïstes disent qu’il existe trois portes dans le corps par lesquelles la nutrition du Wuchi peut passer, ce sont le Dantian2 supérieur qui correspond au chakra du troisième œil, le Dantian du milieu qui correspond à notre chakra du cœur et le Dantian inférieur qui correspond à notre chakra sacré. Ils disent aussi que, lorsqu’ils sont harmonisés, ces trois centres énergétiques établissent une connexion entre le ciel et la terre à l’intérieur de nous. Le cœur taoïste a sept niveaux, sept champs électromagnétiques et sept états de compassion.

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Le Dao

Nébuleuse de l'Hélice et Calligraphie Dao
La Nébuleuse de l’Hélice (NGC 7293) est une nébuleuse planétaire située dans la constellation du Verseau, à proximité du Poisson austral. Sa forte ressemblance avec un œil humain lui a valu le surnom de « l’œil de Dieu ». (Wikipédia)

Le Dao peut être défini comme l’origine et la source permanente d’énergie de l’univers. Il est omniprésent, mais imperceptible, car invisible, incolore, inodore, muet et impalpable.

Les premiers chrétiens arrivés en Chine y virent bien entendu une représentation de Dieu. Ils avaient en partie raison dans le sens où Dieu et Dao1 sont des entités créatrices transcendantales et revêtent le même caractère mystique et sacré.

Il faut toutefois souligner une différence de conception importante chez les Chinois : le Dao n’est pas perçu comme une entité sensible (il n’est ni amour ni haine ni pensante).

À cet égard, il est indifférent, si tant est qu’il puisse ressentir de l’indifférence, aux vicissitudes de l’homme, qui n’a donc rien à attendre de lui : le Dao ne va pas spontanément au secours de l’homme, en revanche, l’homme peut trouver son salut à travers son union mystique avec le Dao. Alors que l’Occidental se place souvent dans une attitude d’attente ou d’espérance, le Chinois (le Taoïste dans la voie spirituelle, le Confucianiste dans la voie intellectuelle et matérielle) ne compte en général que sur son propre travail et ses propres efforts pour trouver son salut. Autre point intéressant, de convergence et de divergence à la fois : si Dieu est associé au père, le Dao l’est à la mère2 (« la mère de la myriade des êtres »).

Auteur: Philippe CHE (sinologue)

Notes :

1. Tao/Dao peut être considéré comme la matrice préalable au sein de l’univers au passage du Qi, le souffle originel, précédant la parité binaire du yin-yang. Il est représenté par le tajiitu, symbole représentant l’unité au-delà du dualisme yin-yang.

2. Le Dao est aussi appelé « la femelle mystérieuse » qui, selon Lao Tseu (chapitre 6 du Tao Te King), est la racine du Ciel et de la Terre. Elle dure perpétuellement et se dépense sans s’user…

Le Qi cosmique

Le Qi cosmique (Nébuleuse de la constellation d'Orion)
La nébuleuse de la Tête de Cheval, officiellement connue sous le nom de Barnard 33 (IC 434 désigne la nébuleuse émissive à l’arrière-plan), est une nébuleuse obscure dans la constellation d’Orion. La nébuleuse est située juste en dessous d’Alnitak (ζ Ori), l’étoile la plus à l’est de la ceinture d’Orion.

(Suite de l’article  » L’énergie relie corps et âme « )

Pour en revenir à la compréhension du mot âme selon les anciens chinois, il n’est que de travailler le Qi (énergie du souffle), qui doit être considéré comme l’objet principal dans la pratique de la perfection spirituelle. Mais le succès de la pratique du taiji quan dépend surtout de deux éléments : des méridiens et du Qi. Il faut faire en sorte que tout le réseau de drainage et d’irrigation, surtout le réseau des lignes principales des méridiens, soit débloqué correctement pour que le Qi puisse en même temps circuler librement, d’où la nécessité d’un art attentif à cultiver, préserver et travailler son énergie. Mais les travaux de drainage du réseau subtil des méridiens ne sont possibles que si le débit du Qi atteint un degré suffisamment puissant pour exercer une certaine pression ; par conséquent, la pratique de l’énergie du souffle et la puissance de ce travail intérieur sont essentiels au drainage du corps des méridiens. Par ailleurs, les étapes supérieures du gongfu1, telles que celles de l’élaboration du Shen, du stockage du Qi dans les os, etc., constituent en réalité autant de sublimations du Qi.

Si la culture du Qi est une spécialité des taoïstes, les autres écoles y attachent aussi de l’importance. Dans l’école confucéenne, il est dit dans le livre II de Mencius2 :
« L’esprit, c’est le commandant du Qi, et le Qi c’est ce dont le corps est rempli. L’esprit détient l’autorité suprême et le Qi vient tout de suite après, aussi faut-il contrôler toujours avec fermeté son esprit (Mencius utilise le mot Zhi qui n’est autre que le Yi) et s’abstenir de dépenser son Qi improprement ».

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«Wu wei», l’art de réussir sans essayer

Huangshan (littéralement:
Huangshan (littéralement: « Les montagnes jaunes »), est une chaîne de montagnes située au Sud de la Province de Anhui (Chine orientale).

Un état de grâce dans lequel l’action s’accomplit par enchantement, sans le concours de la volonté : tout le monde l’a vécu, personne ne sait y retourner… Entre Confucius, taoïsme et neurosciences, le philosophe Edward Slingerland trace un chemin.

Wu wei : tout le monde connaît. Pas le terme, peut-être, mais les manifestations de la chose. C’est ce qui se passe lorsque l’acte que vous êtes en train d’accomplir vous réussit par enchantement, sans effort, ni volonté : votre tâche se remplit d’elle-même, pour ainsi dire, presque sans vous. Vous dites alors que vous êtes « en état de grâce », ou « dans le flux ». Vous ressentez une euphorie paisible et une sorte de gratitude, sans trop savoir vis-à-vis de qui. Car cet état mental, lorsqu’il est là, rend possibles des exploits sportifs, des performances professionnelles, des actes de création, ou tout simplement des sommets d’aise dans le déroulement d’une conversation. Vos répliques s’enchâssent dans celles de votre interlocuteur avec un tempo, une pertinence, un brio parfaits. Une magie opère, une spontanéité heureuse, comme un charme. Vous n’êtes que mouvement, sans intention. Immergé en vous-même, et en même temps sereinement alerte à ce qui se passe, vous persuadez, vous emportez l’adhésion: vous séduisez. Car – cerise sur le gâteau – de la personne qui se trouve en plein wu wei émane une sorte de charisme appelée de : une force d’attraction qui conduit les autres à lui faire confiance et vouloir être avec elle…

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L’énergie de la Grande Ourse

La Grande Ourse ou Boisseau du Nord

Les Chinois crurent longtemps que les  » Trois Luminaires « , à savoir le Soleil, la Lune et la Grande Ourse, commandaient les phénomènes célestes et le calendrier. Chacun d’eux avait un rôle et un seul : le Soleil présidait au jour, qu’il menait par son lever et son coucher ; la Lune présidait aux mois, qu’elle menait par ses phases ; enfin la Grande Ourse, appelée constellation du Boisseau (ou Boisseau du Nord), présidait à l’année, qu’elle menait en faisant le tour du ciel, son Manche pointant successivement aux points cardinaux dans l’ordre où, suivant la théorie chinoise, ils correspondent aux saisons, à l’est au printemps, au sud en été, à l’ouest en automne, au nord en hiver. C’est parce qu’ils rattachaient le mouvement de l’année et des saisons à la Grande Ourse (dont le Manche pointe au sud en été et au nord en hiver), et non au Soleil, qu’ils ont toujours fait correspondre l’hiver au Nord et l’été au Sud, alors que les Grecs, qui rattachaient les saisons aux mouvements du Soleil, ont mis l’hiver au Sud et l’été au Nord.

La Grande Ourse, qui dirigeait la rotation éternelle des étoiles et des saisons, était ainsi la grande régulatrice du calendrier et de la marche constante du monde ; malgré sa distance du Pôle, on admettait qu’elle pivotait sur elle-même, délimitant la région polaire, en sorte qu’on pouvait faire dire à Confucius :

 » Elle ne se déplace pas (c’est-à-dire ne quitte pas la région centrale du Ciel, à l’encontre des autres constellations qui sont, suivant les temps, au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest), et toutes les autres constellations viennent lui rendre hommage.  »

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Wu-wei et non-agir

Wuwei - L'agir sans agir

Wu-wei, le non-agir, est le concept central de Lao Tseu. C’est la nature fondamentale du tao et l’attitude du sage. Pour Jung, Wu wei ce n’est pas le rien-faire mais le non-agir sur un mode rationnel que l’on peut comparer à l’art de laisser les choses se produire comme chez Maître Eckhardt et dans sa propre méthode d’imagination active. Wu wei est une attitude de renoncement actif à la prédominance du moi ; c’est aussi le processus qui consiste à laisser s’affaiblir les aspects de la personnalité qui ne sont pas essentiels ; c’est ce que confirme le chapitre 48 :

À la poursuite de la voie
On s’appauvrit Chaque jour.
De plus en plus, Jusqu’à ce que rien
Ne demeure inachevé.

On remarquera que le non-agir du tao nourrit le désir d’agir parmi les créatures parce que c’est sous l’influence du tao que ce désir prend forme. La restriction du désir associée à la simplicité sans nom devient ensuite nécessaire pour que s’installe l’état de tranquillité.

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L’énergie intérieure relie corps et âme

Pour les Chinois, sainteté et santé sont synonymes. Pour quels motifs, le travail du corps et celui de l’esprit seraient similaires ?

Corps et âme sont si proches et si intimement liés qu’il suffit de connaître l’un pour avoir accès obligatoirement à l’autre. Mais un travail corporel à l’orientale est toujours un travail intérieur qui ne peut se faire sans l’intervention du Qi. On pourrait dire à ce sujet que le Qi (le souffle) et le Shen (la puissance spirituelle) sont les messagers subtils qui relient corps et âme.
Seuls les gens qui détiennent les secrets du Qi ou ceux qui progressent dans cette voie de transmutation des énergies intérieures peuvent prendre conscience par paliers d’expérimentations du message vivant de Laozi1.

Tout le monde s’accorde à dire que l’âme est un agent essentiel de la vie, et un principe spirituel qui, uni au corps, constitue l’être vivant. Mais au fond, qu’est-ce que l’âme ? Chacun peut comprendre ce terme à sa façon. Certains se pencheront vers une interprétation sentimentale, d’autres vers un raisonnement intellectuel. L’âme semble être une notion tellement abstraite qu’il est difficile d’en parler et d’en donner une définition satisfaisante. On peut néanmoins rendre le sens de l’âme moins vague, moins palpable en éclairant la signification qu’il prend pour les bouddhistes et les taoïstes ; il suffit pour cela de prendre comme exemple la pratique du taiji quan (Taïchi Chuan), ce qui nous fera encore mieux comprendre le lien établi par les Anciens entre sainteté, santé et longévité.

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