L’acceptation

Mouvement de l'eau à travers les rochers

Il est très facile de juger, mais bien plus difficile d’accepter chaque moment tel qu’il est, juste comme il est, sans vouloir le changer, le modifier d’une façon ou d’une autre. Nous nous évaluons, nous comparons sans cesse, d’une manière plus ou moins subtile. Il est bien plus bénéfique d’accepter chaque moment, le laisser être, nous permettre d’être nous aussi.

En général, nous résistons ou refusons ce qui est. Mais nous ne sommes pas ici pour rendre les choses parfaites.
Lorsque nous commençons à accepter chaque moment juste comme il est, les autres justes comme ils sont, nous-mêmes comme nous sommes, alors chaque instant est parfait. C’est un grand soulagement.

L’acceptation n’est pas la résignation, la passivité, l’abandon, c’est plutôt permettre aux choses d’être sans les rejeter. Le Dhamma1 nous enseigne justement de ne rien exclure. Mais la réalité est que nous ne pouvons ou ne voulons pas la supporter.

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Le Tao, la lumière violette et l’étoile polaire

GRAND BOUDDHA DEBOUT. Gandhara, 1er-2e siècle après JC

Dans les enseignements du Tao ancien, il est dit que le spectre de la Lumière violette parvient à notre terre physique via le point fixe qu’est l’étoile polaire et que, lorsque nous nous connectons avec cette étoile, nous nous libérons de la force d’attraction qui nous lie aux cycles naturels de vie et de mort sur terre. Les taoïstes nomment la nutrition suprême, Wuchi1, un centre d’énergie universelle dont le ciel et la terre sont nés.

Les maîtres taoïstes disent qu’il existe trois portes dans le corps par lesquelles la nutrition du Wuchi peut passer, ce sont le Dantian2 supérieur qui correspond au chakra du troisième œil, le Dantian du milieu qui correspond à notre chakra du cœur et le Dantian inférieur qui correspond à notre chakra sacré. Ils disent aussi que, lorsqu’ils sont harmonisés, ces trois centres énergétiques établissent une connexion entre le ciel et la terre à l’intérieur de nous. Le cœur taoïste a sept niveaux, sept champs électromagnétiques et sept états de compassion.

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Le Dao

Nébuleuse de l'Hélice et Calligraphie Dao
La Nébuleuse de l’Hélice (NGC 7293) est une nébuleuse planétaire située dans la constellation du Verseau, à proximité du Poisson austral. Sa forte ressemblance avec un œil humain lui a valu le surnom de « l’œil de Dieu ». (Wikipédia)

Le Dao peut être défini comme l’origine et la source permanente d’énergie de l’univers. Il est omniprésent, mais imperceptible, car invisible, incolore, inodore, muet et impalpable.

Les premiers chrétiens arrivés en Chine y virent bien entendu une représentation de Dieu. Ils avaient en partie raison dans le sens où Dieu et Dao1 sont des entités créatrices transcendantales et revêtent le même caractère mystique et sacré.

Il faut toutefois souligner une différence de conception importante chez les Chinois : le Dao n’est pas perçu comme une entité sensible (il n’est ni amour ni haine ni pensante).

À cet égard, il est indifférent, si tant est qu’il puisse ressentir de l’indifférence, aux vicissitudes de l’homme, qui n’a donc rien à attendre de lui : le Dao ne va pas spontanément au secours de l’homme, en revanche, l’homme peut trouver son salut à travers son union mystique avec le Dao. Alors que l’Occidental se place souvent dans une attitude d’attente ou d’espérance, le Chinois (le Taoïste dans la voie spirituelle, le Confucianiste dans la voie intellectuelle et matérielle) ne compte en général que sur son propre travail et ses propres efforts pour trouver son salut. Autre point intéressant, de convergence et de divergence à la fois : si Dieu est associé au père, le Dao l’est à la mère2 (“la mère de la myriade des êtres”).

Auteur: Philippe CHE (sinologue)

Notes :

1. Tao/Dao peut être considéré comme la matrice préalable au sein de l’univers au passage du Qi, le souffle originel, précédant la parité binaire du yin-yang. Il est représenté par le tajiitu, symbole représentant l’unité au-delà du dualisme yin-yang.

2. Le Dao est aussi appelé “la femelle mystérieuse” qui, selon Lao Tseu (chapitre 6 du Tao Te King), est la racine du Ciel et de la Terre. Elle dure perpétuellement et se dépense sans s’user…

Les yeux, miroirs de l’âme

Yeux de Bouddha (Grand stoupa de Bodnath au Népal)
Le Stoupa de Bodnath (Népal) – Les yeux du Bouddha peints aux quatre points cardinaux posent un regard observateur sur les hommes et leurs actions…

La Médecine traditionnelle chinoise (MTC) offre à la médecine ophtalmique une approche thérapeutique complémentaire et préventive. Les maladies de l’œil ne reposent pas uniquement sur des symptômes et des signes locaux, mais sur des syndromes incluant la totalité du corps. Il est dit dans le plus ancien ouvrage de MTC Ling Shu1 que : « L’observation des cinq couleurs dans les yeux permet de connaître l’état des cinq organes et d’évaluer l’état de santé ».
Les troubles oculaires peuvent avoir des origines diverses, la médecine chinoise explique qu’une mauvaise gestion des émotions comme la tristesse ou une colère inconsciente peut être à l’origine de différents problèmes.
L’œil est en relation avec le mouvement Bois, ainsi que l’énergie du Foie, de la Rate, du Rein, du Cœur et du Poumon. Une perturbation de la fonction physiologique du sang et de l’énergie d’un des organes entraînera un désordre au niveau de l’œil et de la vision. L’observation de l’œil ou le diagnostic en Médecine traditionnelle chinoise combiné à la palpation des pouls et au diagnostic de la langue, sont des techniques efficaces pour déterminer le meilleur traitement pour chaque patient. Le dysfonctionnement des organes internes se reflète autant au niveau du corps que des yeux. L’énergie essentielle des cinq organes (Zang) et des six entrailles (Fu) a son point de concentration dans les yeux. La prunelle représente l’essence des os (reins), l’iris celle des muscles (foie), la sclérotique (le blanc de l’oeil) représente l’ensemble de l’énergie essentielle (poumon). Les petits capillaires situés sur la cornée représentent l’essence du sang.

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«Wu wei», l’art de réussir sans essayer

Huangshan (littéralement:
Huangshan (littéralement: “Les montagnes jaunes”), est une chaîne de montagnes située au Sud de la Province de Anhui (Chine orientale).

Un état de grâce dans lequel l’action s’accomplit par enchantement, sans le concours de la volonté : tout le monde l’a vécu, personne ne sait y retourner… Entre Confucius, taoïsme et neurosciences, le philosophe Edward Slingerland trace un chemin.

Wu wei : tout le monde connaît. Pas le terme, peut-être, mais les manifestations de la chose. C’est ce qui se passe lorsque l’acte que vous êtes en train d’accomplir vous réussit par enchantement, sans effort, ni volonté : votre tâche se remplit d’elle-même, pour ainsi dire, presque sans vous. Vous dites alors que vous êtes « en état de grâce », ou « dans le flux ». Vous ressentez une euphorie paisible et une sorte de gratitude, sans trop savoir vis-à-vis de qui. Car cet état mental, lorsqu’il est là, rend possibles des exploits sportifs, des performances professionnelles, des actes de création, ou tout simplement des sommets d’aise dans le déroulement d’une conversation. Vos répliques s’enchâssent dans celles de votre interlocuteur avec un tempo, une pertinence, un brio parfaits. Une magie opère, une spontanéité heureuse, comme un charme. Vous n’êtes que mouvement, sans intention. Immergé en vous-même, et en même temps sereinement alerte à ce qui se passe, vous persuadez, vous emportez l’adhésion: vous séduisez. Car – cerise sur le gâteau – de la personne qui se trouve en plein wu wei émane une sorte de charisme appelée de : une force d’attraction qui conduit les autres à lui faire confiance et vouloir être avec elle…

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L’hiver selon la tradition chinoise

L'hiver selon la tradition chinoise
©Pixabay

L’hiver est associé au REIN, au NORD, à l’eau, au froid, à la couleur noire, à la saveur salée…, à la nuit, à la vieillesse…

Selon le dernier extrait du chapitre 2 du SU WEN1 :

Les trois mois de l’hiver sont appelés :
fermer et thésauriser ;
l’eau gèle, la terre se fendille,
nulle excitation ne vient plus du
YANG.
On se couche tôt, on se lève tard,
on s’en remet pour tout à la lumière du soleil.
On exerce le vouloir
comme enfoui, comme caché,
comme tourné seulement vers soi,
comme occupé à se posséder.
On fuit le froid, on recherche la chaleur,
ne laissant rien s’échapper par les couches de la peau,
de peur d’être dangereusement démuni de ses souffles.
Ainsi se conforme-t-on aux souffles de l’hiver,
la voie pour l’entretien de la thésaurisation de la vie.

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L’énergie de la Grande Ourse

La Grande Ourse ou Boisseau du Nord

Les Chinois crurent longtemps que les ” Trois Luminaires “, à savoir le Soleil, la Lune et la Grande Ourse, commandaient les phénomènes célestes et le calendrier. Chacun d’eux avait un rôle et un seul : le Soleil présidait au jour, qu’il menait par son lever et son coucher ; la Lune présidait aux mois, qu’elle menait par ses phases ; enfin la Grande Ourse, appelée constellation du Boisseau (ou Boisseau du Nord), présidait à l’année, qu’elle menait en faisant le tour du ciel, son Manche pointant successivement aux points cardinaux dans l’ordre où, suivant la théorie chinoise, ils correspondent aux saisons, à l’est au printemps, au sud en été, à l’ouest en automne, au nord en hiver. C’est parce qu’ils rattachaient le mouvement de l’année et des saisons à la Grande Ourse (dont le Manche pointe au sud en été et au nord en hiver), et non au Soleil, qu’ils ont toujours fait correspondre l’hiver au Nord et l’été au Sud, alors que les Grecs, qui rattachaient les saisons aux mouvements du Soleil, ont mis l’hiver au Sud et l’été au Nord.

La Grande Ourse, qui dirigeait la rotation éternelle des étoiles et des saisons, était ainsi la grande régulatrice du calendrier et de la marche constante du monde ; malgré sa distance du Pôle, on admettait qu’elle pivotait sur elle-même, délimitant la région polaire, en sorte qu’on pouvait faire dire à Confucius :

” Elle ne se déplace pas (c’est-à-dire ne quitte pas la région centrale du Ciel, à l’encontre des autres constellations qui sont, suivant les temps, au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest), et toutes les autres constellations viennent lui rendre hommage. ”

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Yin Yang, la voie de la souplesse

Représentation du principe Yin Yang
Comment Yin Yang nous permet de mettre fin aux hiérarchies entre hommes et femmes et rend à chaque individu sa liberté d’action. Car chacun est, en même temps et successivement, Yin et Yang.

Que signifient Yin et Yang ?

Yin Yang est un seul mot qui représente un système de pensée. Au cours du dernier millénaire av. J.-C., les Chinois réfléchirent au fonctionnement des choses, le Tao. Ils généralisèrent alors la « pensée par deux », c’est-à-dire l’idée que toute situation se divise toujours en deux. Un jour, par exemple, est toujours constitué d’une journée et d’une nuit. La journée est à la fois le passé et le futur de la nuit. Les Chinois décidèrent d’utiliser un couple de mots courants, Yin Yang, comme emblème de cette pensée par deux. Dans leur sens concret originel, Yin signifie « ubac », le versant d’une montagne exposé au nord, et Yang « adret », le versant exposé au sud. Comme les deux versants d’une même montagne, il ne peut pas y avoir l’un sans l’autre. Le système Yin Yang nous rappelle ainsi que toute situation a toujours deux aspects : Yin et Yang ne sont pas semblables, mais ce ne sont pas des entités contradictoires ni des qualités opposées. Yin marque, par exemple, un début d’orage, Yang sa fin. L’autre principe posé par Yin Yang est que tout change tout le temps. Autrement dit, une chose peut être à la fois une et son contraire. Tout dépend du moment et de l’endroit depuis lesquels on l’observe. Ainsi, les deux aspects d’une même situation oscillent en permanence, dans un battement continuel. Le Yi Jing, texte fondateur de la civilisation chinoise1, résume cette pensée ainsi : « Un aspect Yin, un aspect Yang, c’est comme cela que tout fonctionne. »
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Burnout : les effets positifs du Qi gong

Burnout : les effets positifs du Qi gong

Le burnout est un état d’épuisement à la fois physique et moral qui peut avoir de très lourdes conséquences sur la santé. Dans certains cas extrêmes, ces conséquences peuvent être irrémédiables.

C’est un phénomène particulièrement fréquent dans le milieu professionnel. L’ambiance au travail, la compétition, la pression des supérieurs hiérarchiques, le stress permanent, sont quelques uns des principaux facteurs déclencheurs du burnout.

L’apparition de signes d’anxiété et de mal-être, la perte de compétences et de confiance en soi ainsi que la dépression et la baisse de résistance aux infections, en sont autant de signes annonciateurs. Il est souvent difficile de déceler ces derniers et de les quantifier pour mieux les prévenir.

La prévention par le Qi gong

Le Qi gong, cet art ancestral chinois basé sur une gymnastique traditionnelle et une certaine science de la respiration, peut aider à prévenir le burnout. En outre, des études ont prouvé que les personnes pratiquant une activité physique régulière -et notamment les arts martiaux- sont capables d’en déceler plus rapidement les premiers signes.

En associant mouvements lents, exercices respiratoires et concentration, le Qi gong permet de se sentir mieux dans son corps et dans sa tête. Les mouvements exécutés avec lenteur sont censés améliorer la circulation de l’énergie dans le corps et de lutter à priori contre le stress et l’hypertension. Très courante en Chine, la pratique gagne à être plus connue en Europe ainsi que dans le reste du monde.

Aujourd’hui, le Qi gong n’est plus une activité exclusivement réservée aux retraités ou aux gens en mal d’être. On le retrouve de plus en plus dans des champs d’intervention inattendus comme en entreprise ou encore, plus surprenant, en milieu carcéral.

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Wu-wei et non-agir

Wuwei - L'agir sans agir

Wu-wei, le non-agir, est le concept central de Lao Tseu. C’est la nature fondamentale du tao et l’attitude du sage. Pour Jung, Wu wei ce n’est pas le rien-faire mais le non-agir sur un mode rationnel que l’on peut comparer à l’art de laisser les choses se produire comme chez Maître Eckhardt et dans sa propre méthode d’imagination active. Wu wei est une attitude de renoncement actif à la prédominance du moi ; c’est aussi le processus qui consiste à laisser s’affaiblir les aspects de la personnalité qui ne sont pas essentiels ; c’est ce que confirme le chapitre 48 :

À la poursuite de la voie
On s’appauvrit Chaque jour.
De plus en plus, Jusqu’à ce que rien
Ne demeure inachevé.

On remarquera que le non-agir du tao nourrit le désir d’agir parmi les créatures parce que c’est sous l’influence du tao que ce désir prend forme. La restriction du désir associée à la simplicité sans nom devient ensuite nécessaire pour que s’installe l’état de tranquillité.

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