Les yeux, miroirs de l’âme

Yeux de Bouddha (Grand stoupa de Bodnath au Népal)
Le Stoupa de Bodnath (Népal) – Les yeux du Bouddha peints aux quatre points cardinaux posent un regard observateur sur les hommes et leurs actions…

La Médecine traditionnelle chinoise (MTC) offre à la médecine ophtalmique une approche thérapeutique complémentaire et préventive. Les maladies de l’œil ne reposent pas uniquement sur des symptômes et des signes locaux, mais sur des syndromes incluant la totalité du corps. Il est dit dans le plus ancien ouvrage de MTC Ling Shu1 que : « L’observation des cinq couleurs dans les yeux permet de connaître l’état des cinq organes et d’évaluer l’état de santé ».
Les troubles oculaires peuvent avoir des origines diverses, la médecine chinoise explique qu’une mauvaise gestion des émotions comme la tristesse ou une colère inconsciente peut être à l’origine de différents problèmes.
L’œil est en relation avec le mouvement Bois, ainsi que l’énergie du Foie, de la Rate, du Rein, du Cœur et du Poumon. Une perturbation de la fonction physiologique du sang et de l’énergie d’un des organes entraînera un désordre au niveau de l’œil et de la vision. L’observation de l’œil ou le diagnostic en Médecine traditionnelle chinoise combiné à la palpation des pouls et au diagnostic de la langue, sont des techniques efficaces pour déterminer le meilleur traitement pour chaque patient. Le dysfonctionnement des organes internes se reflète autant au niveau du corps que des yeux. L’énergie essentielle des cinq organes (Zang) et des six entrailles (Fu) a son point de concentration dans les yeux. La prunelle représente l’essence des os (reins), l’iris celle des muscles (foie), la sclérotique (le blanc de l’oeil) représente l’ensemble de l’énergie essentielle (poumon). Les petits capillaires situés sur la cornée représentent l’essence du sang.

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«Wu wei», l’art de réussir sans essayer

Huangshan (littéralement:
Huangshan (littéralement: “Les montagnes jaunes”), est une chaîne de montagnes située au Sud de la Province de Anhui (Chine orientale).

Un état de grâce dans lequel l’action s’accomplit par enchantement, sans le concours de la volonté : tout le monde l’a vécu, personne ne sait y retourner… Entre Confucius, taoïsme et neurosciences, le philosophe Edward Slingerland trace un chemin.

Wu wei : tout le monde connaît. Pas le terme, peut-être, mais les manifestations de la chose. C’est ce qui se passe lorsque l’acte que vous êtes en train d’accomplir vous réussit par enchantement, sans effort, ni volonté : votre tâche se remplit d’elle-même, pour ainsi dire, presque sans vous. Vous dites alors que vous êtes « en état de grâce », ou « dans le flux ». Vous ressentez une euphorie paisible et une sorte de gratitude, sans trop savoir vis-à-vis de qui. Car cet état mental, lorsqu’il est là, rend possibles des exploits sportifs, des performances professionnelles, des actes de création, ou tout simplement des sommets d’aise dans le déroulement d’une conversation. Vos répliques s’enchâssent dans celles de votre interlocuteur avec un tempo, une pertinence, un brio parfaits. Une magie opère, une spontanéité heureuse, comme un charme. Vous n’êtes que mouvement, sans intention. Immergé en vous-même, et en même temps sereinement alerte à ce qui se passe, vous persuadez, vous emportez l’adhésion: vous séduisez. Car – cerise sur le gâteau – de la personne qui se trouve en plein wu wei émane une sorte de charisme appelée de : une force d’attraction qui conduit les autres à lui faire confiance et vouloir être avec elle…

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L’hiver selon la tradition chinoise

L'hiver selon la tradition chinoise
©Pixabay

L’hiver est associé au REIN, au NORD, à l’eau, au froid, à la couleur noire, à la saveur salée…, à la nuit, à la vieillesse…

Selon le dernier extrait du chapitre 2 du SU WEN1 :

Les trois mois de l’hiver sont appelés :
fermer et thésauriser ;
l’eau gèle, la terre se fendille,
nulle excitation ne vient plus du
YANG.
On se couche tôt, on se lève tard,
on s’en remet pour tout à la lumière du soleil.
On exerce le vouloir
comme enfoui, comme caché,
comme tourné seulement vers soi,
comme occupé à se posséder.
On fuit le froid, on recherche la chaleur,
ne laissant rien s’échapper par les couches de la peau,
de peur d’être dangereusement démuni de ses souffles.
Ainsi se conforme-t-on aux souffles de l’hiver,
la voie pour l’entretien de la thésaurisation de la vie.

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L’énergie de la Grande Ourse

La Grande Ourse ou Boisseau du Nord

Les Chinois crurent longtemps que les ” Trois Luminaires “, à savoir le Soleil, la Lune et la Grande Ourse, commandaient les phénomènes célestes et le calendrier. Chacun d’eux avait un rôle et un seul : le Soleil présidait au jour, qu’il menait par son lever et son coucher ; la Lune présidait aux mois, qu’elle menait par ses phases ; enfin la Grande Ourse, appelée constellation du Boisseau (ou Boisseau du Nord), présidait à l’année, qu’elle menait en faisant le tour du ciel, son Manche pointant successivement aux points cardinaux dans l’ordre où, suivant la théorie chinoise, ils correspondent aux saisons, à l’est au printemps, au sud en été, à l’ouest en automne, au nord en hiver. C’est parce qu’ils rattachaient le mouvement de l’année et des saisons à la Grande Ourse (dont le Manche pointe au sud en été et au nord en hiver), et non au Soleil, qu’ils ont toujours fait correspondre l’hiver au Nord et l’été au Sud, alors que les Grecs, qui rattachaient les saisons aux mouvements du Soleil, ont mis l’hiver au Sud et l’été au Nord.

La Grande Ourse, qui dirigeait la rotation éternelle des étoiles et des saisons, était ainsi la grande régulatrice du calendrier et de la marche constante du monde ; malgré sa distance du Pôle, on admettait qu’elle pivotait sur elle-même, délimitant la région polaire, en sorte qu’on pouvait faire dire à Confucius :

” Elle ne se déplace pas (c’est-à-dire ne quitte pas la région centrale du Ciel, à l’encontre des autres constellations qui sont, suivant les temps, au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest), et toutes les autres constellations viennent lui rendre hommage. ”

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Yin Yang, la voie de la souplesse

Représentation du principe Yin Yang
Comment Yin Yang nous permet de mettre fin aux hiérarchies entre hommes et femmes et rend à chaque individu sa liberté d’action. Car chacun est, en même temps et successivement, Yin et Yang.

Que signifient Yin et Yang ?

Yin Yang est un seul mot qui représente un système de pensée. Au cours du dernier millénaire av. J.-C., les Chinois réfléchirent au fonctionnement des choses, le Tao. Ils généralisèrent alors la « pensée par deux », c’est-à-dire l’idée que toute situation se divise toujours en deux. Un jour, par exemple, est toujours constitué d’une journée et d’une nuit. La journée est à la fois le passé et le futur de la nuit. Les Chinois décidèrent d’utiliser un couple de mots courants, Yin Yang, comme emblème de cette pensée par deux. Dans leur sens concret originel, Yin signifie « ubac », le versant d’une montagne exposé au nord, et Yang « adret », le versant exposé au sud. Comme les deux versants d’une même montagne, il ne peut pas y avoir l’un sans l’autre. Le système Yin Yang nous rappelle ainsi que toute situation a toujours deux aspects : Yin et Yang ne sont pas semblables, mais ce ne sont pas des entités contradictoires ni des qualités opposées. Yin marque, par exemple, un début d’orage, Yang sa fin. L’autre principe posé par Yin Yang est que tout change tout le temps. Autrement dit, une chose peut être à la fois une et son contraire. Tout dépend du moment et de l’endroit depuis lesquels on l’observe. Ainsi, les deux aspects d’une même situation oscillent en permanence, dans un battement continuel. Le Yi Jing, texte fondateur de la civilisation chinoise1, résume cette pensée ainsi : « Un aspect Yin, un aspect Yang, c’est comme cela que tout fonctionne. »
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Burnout : les effets positifs du Qi gong

Burnout : les effets positifs du Qi gong

Le burnout est un état d’épuisement à la fois physique et moral qui peut avoir de très lourdes conséquences sur la santé. Dans certains cas extrêmes, ces conséquences peuvent être irrémédiables.

C’est un phénomène particulièrement fréquent dans le milieu professionnel. L’ambiance au travail, la compétition, la pression des supérieurs hiérarchiques, le stress permanent, sont quelques uns des principaux facteurs déclencheurs du burnout.

L’apparition de signes d’anxiété et de mal-être, la perte de compétences et de confiance en soi ainsi que la dépression et la baisse de résistance aux infections, en sont autant de signes annonciateurs. Il est souvent difficile de déceler ces derniers et de les quantifier pour mieux les prévenir.

La prévention par le Qi gong

Le Qi gong, cet art ancestral chinois basé sur une gymnastique traditionnelle et une certaine science de la respiration, peut aider à prévenir le burnout. En outre, des études ont prouvé que les personnes pratiquant une activité physique régulière -et notamment les arts martiaux- sont capables d’en déceler plus rapidement les premiers signes.

En associant mouvements lents, exercices respiratoires et concentration, le Qi gong permet de se sentir mieux dans son corps et dans sa tête. Les mouvements exécutés avec lenteur sont censés améliorer la circulation de l’énergie dans le corps et de lutter à priori contre le stress et l’hypertension. Très courante en Chine, la pratique gagne à être plus connue en Europe ainsi que dans le reste du monde.

Aujourd’hui, le Qi gong n’est plus une activité exclusivement réservée aux retraités ou aux gens en mal d’être. On le retrouve de plus en plus dans des champs d’intervention inattendus comme en entreprise ou encore, plus surprenant, en milieu carcéral.

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Wu-wei et non-agir

Wuwei - L'agir sans agir

Wu-wei, le non-agir, est le concept central de Lao Tseu. C’est la nature fondamentale du tao et l’attitude du sage. Pour Jung, Wu wei ce n’est pas le rien-faire mais le non-agir sur un mode rationnel que l’on peut comparer à l’art de laisser les choses se produire comme chez Maître Eckhardt et dans sa propre méthode d’imagination active. Wu wei est une attitude de renoncement actif à la prédominance du moi ; c’est aussi le processus qui consiste à laisser s’affaiblir les aspects de la personnalité qui ne sont pas essentiels ; c’est ce que confirme le chapitre 48 :

À la poursuite de la voie
On s’appauvrit Chaque jour.
De plus en plus, Jusqu’à ce que rien
Ne demeure inachevé.

On remarquera que le non-agir du tao nourrit le désir d’agir parmi les créatures parce que c’est sous l’influence du tao que ce désir prend forme. La restriction du désir associée à la simplicité sans nom devient ensuite nécessaire pour que s’installe l’état de tranquillité.

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Discours de pratiquants sur leur expérience du Zhan Zhuang

Zhan Zhuang

À travers les recueils de discours des pratiquants présentés ci-dessous, nous relevons quatre types d’interprétations de l’expérience de la pratique de zhanzhuang. En effet, selon la finalité recherchée par le pratiquant, différents sens peuvent être attribués à l’exercice de qigong.

Une finalité martiale

Les premiers extraits qui suivent sont tirés d’un entretien réalisé avec deux pratiquants de dachengchuan – encore appelé yichuan, la « boxe de l’intention » – dirigeants du centre que nous avons présenté dans la partie précédente. Le rôle de l’exercice zhanzhuang est évoqué à plusieurs reprises dans leur discours. Dans un premier temps, l’un des deux explique que « l’homogénéité de la force est considérée comme l’aboutissement de la transformation physiologique et du changement musculaire généré par la pratique de base, zhanzhuang » (Chenault, 2008, p. 369).
Plus loin, il précise : « Quand elle pousse, ce n’est pas son bras qui pousse, ni sa force musculaire, c’est l’homogénéité du corps, c’est-à-dire tout le corps, complètement réuni et unifié. Wang Xiang Zhaï nous disait que chaque cellule est une batterie ; d’ailleurs, les scientifiques commencent à se poser des questions : les cellules et leurs électrons sont considérés comme une énergie atomique, c’est extraordinaire ! Chaque cellule est une batterie et chaque batterie est réunie sur tout le corps, il y a donc des milliards de batteries réunies : c’est une bombe et cette bombe-là est en force de maintien, une force qui est prête à exploser comme un arc et à lâcher d’un seul coup » (ibid.).
Dans cet extrait, la posture est interprétée comme un temps de concentration des forces physiques et psychiques. Le principe serait d’accumuler « l’énergie » stimulée dans la posture pour pouvoir, au moment voulu, la décharger de manière maîtrisée et orientée. La position statique contribue à l’image d’un corps composé de « cellules », qui se recharge comme une « batterie » prête à exploser à travers un mouvement d’attaque ou de défense. On trouve également dans ce discours la référence au « scientifique » qui apparaît parfois dans le discours de pratiquants : soit elle vient légitimer la pratique en confortant certaines idées sur l’énergie corporelle, soit elle est utilisée comme symbole d’une pensée rationnelle qui ne peut pas appréhender la réalité des phénomènes qui existent dans la pratique du qigong.
Dans ce cas précis, on fait référence à la cellule et à l’énergie de ses molécules pour expliquer la concentration énergétique des cellules et du corps. La force du combattant serait implicitement liée à cette capacité à accumuler l’énergie dans toutes les cellules du corps.
Dans un autre passage, les pratiquants de dachengchuan précisent les différents stades qui attestent d’une progression dans l’exercice de zhanzhuang : « On sait qu’on a fait l’étape du pilier : on le fera à vie, mais le pilier on le fait depuis quinze ans, tous les jours on est debout, on le pratique et c’est devenu une hygiène personnelle ; ce n’est plus un truc extraordinaire “mystico-gélatineux”, c’est un truc normal… parce qu’au début ça peut paraître curieux d’avoir les bras en l’air ! Après, on sait travailler l’épreuve de l’énergie : quand on a cette énergie dans le bout des doigts, tout le corps chauffe, vibre et on va la faire bouger tout doucement. Il y a plusieurs façons de la faire bouger : ce sera vers le ciel, pour les chocs ou autres, donc on va pouvoir lever. Si tu mets la main, tu vas dire “c’est bizarre, c’est lourd”, donc cela signifie que tout est réuni, toute la chaîne musculaire. Après, ce sera pour l’écrasement, puis pour la poussée et enfin pour les côtés. Donc, on va travailler cette deuxième phase au niveau des sensations : on vit alors des choses que l’on n’imagine pas… parce qu’il y a plein de sensations de plus en plus subtiles qui apparaissent. Après l’épreuve de l’énergie, tu as encore des phases. Il va y avoir l’épreuve du son, parce qu’en même temps on va réunir les vibrations acoustiques : on va avoir une épreuve du son, c’est-à-dire qu’on va avoir une expulsion d’énergie, avec un son, mais la bouche fermée, donc c’est le diaphragme qui va être secoué un peu vers le bas et on a un “huhh !”, tu sais quelque chose qui fait qu’on va réunir à ce moment-là, par les vibrations acoustiques, l’ensemble du corps dans la même action : l’énergie et la vibration acoustique vont, pendant un millième de seconde, exploser grâce au son… ça c’est fabuleux ! Dans les arts martiaux, les gens poussent des “kiaï”, ce n’est pas du tout pour faire peur à qui que ce soit ; je te donne l’exemple de l’éternuement “atchaa !” : tu sais, c’est le ventre et ce n’est pas la gorge, on sent que du ventre pousse un truc très fort, et à ce moment-là, le sang, les os, les tendons, les nerfs, les ligaments… tout ça va devenir une boule d’énergie
» (ibid., p. 374).
La posture renvoie également à l’image du « pilier » où le corps est considéré comme un tout homogène. La fréquence et la durée de pratique permettent de retrouver les sensations de cette homogénéité à travers les tensions physiques qui se produisent lors de l’exercice. Il s’agit ensuite d’appliquer cette force homogène dans le contexte du combat martial. L’évolution dans l’exercice est marquée par différentes étapes pour le pratiquant de dachengchuan : l’épreuve de la posture, c’est-à-dire faire le « pilier » quotidiennement, « l’épreuve de l’énergie » et de sa mise en mouvement, mesurée à travers la poussée des mains puis manifestée spontanément par « l’expulsion d’énergie », tant physique que sonore, dans le combat.

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Comment la Terre peut-elle être professeur ?

Bhumisparsa Mudra
Le Bhumisparsa Mudra est considéré comme le geste de la main de Bouddha appelant la Terre à témoin de son illumination.

Cette idée vient de Bouddha lui-même. Il dit à son fils Rahula1 : “Apprends de la terre.” La terre est tellement riche en compassion qu’il suffit d’y planter une petite graine pour que le sol la transforme en arbre aux milliers de fruits et de graines, année après année. Cette générosité, cette multiplication nous est offerte par la terre, par le sol. Lorsque Bouddha médite et que quelqu’un lui demande qui lui a enseigné le pardon, il désigne la terre de la main. Vous marchez dessus, vous la creusez, vous y enfouissez vos déchets et la Terre en fait du compost et les transforme en une matière nourrissante. Même les déjections sont converties en terreau ! Apprenez cette qualité de la terre : un amour sans limite et inconditionnel. C’est la bhumisparsa mudra, la position dans laquelle Bouddha touche la terre de la main : la terre est mon professeur. Il n’y a pas de vie sans terre…

Auteur : Satish Kumar2

Notes :
1. Rahula – Fils unique de Siddharta Gautama Bouddha et de Yashodhara, et serait devenu disciple de son père.
2. Satish Kumar (1936-…) – Activiste, éditeur et promoteur de la simplicité volontaire indien. Il a été moine jaïn, militant du désarmement nucléaire et pacifiste. Il vit en Angleterre où il a fondé un centre de formation international en écologie et une école. Il est rédacteur en chef du magazine Resurgence & Ecologist.

Le tambour et le voyage chamanique


Lorsque les chamanes ” voyagent “, ils ne se transportent pas vers l’extérieur, sur toute la surface du globe, mais vers l’intérieur, sous l’effet de la pulsation rythmique du son. Au lieu de déplacer leur corps par les moyens physiques ordinaires, ils se meuvent dans des états de conscience modifiés qui leur donne accès à des réalités sises au-delà de nos perceptions normales. Michael Harner1 nomme cet état modifié l’Etat de Conscience Chamanique (ECC). Habituellement, c’est le battement du tambour qui aide le chaman à se mettre en ECC. Bien que certaines cultures utilisent d’autres instruments de percussions, comme les hochets et les baguettes, selon Jeanne Achterberg2, le tambour ” demeure le moyen le plus important pour pénétrer dans d’autres réalités et l’une des caractéristiques les plus universelles du chamanisme. ”

Les raisons pour lesquelles les battements du tambour produisent un effet aussi puissant ne sont pas clairement élucidées. Les scientifiques ont cependant découvert que l’écoute d’un rythme monotone facilite la production d’ondes cérébrales alpha et thêta, différentes des ondes bêta qui caractérisent la conscience ordinaire, les yeux ouverts. D’après la représentation électroencéphalographique de Maxwell Cade3, le Miroir Cérébral, les ondes thêta (4-7 cycles par seconde) sont liées à la créativité, à une forte imagerie mentale et à des états extatiques.

Le lien entre tambour chamanique et élévation spectaculaire du nombre d’ondes thêta a été démontré au cours d’une de mes propres séances avec Anna Wise4, la protégée de Maxwell Cade, experte nord-américaine du Miroir Cérébral. Après avoir été raccordée à un électroencéphalographe, on m’a demandé d’établir des étalons de base en commençant par rester simplement assis les yeux ouverts, puis en fermant les yeux et en méditant, et enfin en imaginant certaines couleurs et scènes. Les ondes de mon cerveau liées à ces activités ne différaient pas de celles d’autres personnes. Toutefois, dès que je me suis mis à battre du tambour et à me mettre en état de conscience modifié, comme je l’avais fait des milliers de fois auparavant, lors de consultations ou d’ateliers chamaniques, l’amplitude des ondes thêta, notamment dans l’hémisphère droit du cerveau, grimpa immédiatement jusqu’au sommet de l’échelle du Miroir cérébral.

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