Le problème du Soi (ou Âme)

Statue de Bouddha

[…] Au cours de l’opération de méditation introspective sur les aphorismes concernant l’Esprit Unique, le disciple se trouvera inévitablement face à face avec ce problème vieux comme le monde : qu’est l’homme ? Il se demandera intuitivement à lui-même : Pourquoi suis-je ? Que suis-je ? Suis-je un quelque chose, un soi, une âme, éternellement séparée et différente de toutes les myriades sans nombre d’êtres pareillement constitués que je vois autour de moi en des états d’existence divers ? Le monde ensorcelant des apparences est-il réel ? Tous ces objets inanimés et toutes ces créatures vivantes et respirantes, au milieu desquelles je me trouve, sont-ils réels ? Ou ne sont-ils, comme Bouddha le déclare, rien de plus qu’un mirage karmique, l’étoffe qui compose le rêve de la vie ?

Lorsque la vérité commence à poindre de l’intérieur, très faiblement au début, comme la conscience d’un homme qui s’éveille de la torpeur d’un sommeil provoqué par un somnifère, ou comme les premières lueurs de l’aurore dans le ciel oriental, le disciple comprend graduellement que c’est seulement en transcendant le domaine de la séparation et en atteignant la super-conscience de l’immuable unité de toutes choses, organiques ou inorganiques, qu’il peut résoudre ce vieux problème. Plus le disciple médite sur ce que le soi a de commun à tous les autres sois, plus il découvre le soi impersonnel commun à tous les autres sois. C’est pourquoi il arrivera à la conclusion que « si un seul et même facteur est le cœur de la personnalité de chacun, aucun individu, dans son essence réelle, n’a d’individualité. Il ne saurait y avoir quelque chose comme mon moi ; mais seulement le Soi1. »

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L’esprit et ses mystères

Swami Shivananda
Swami Shivananda

A l’instar d’un homme très affairé qui s’isole pour travailler en fermant les portes, l’esprit actif travaille seul dans un rêve en fermant les portes des sens.

L’esprit est une force née de l’âme. C’est par son intermédiaire que le Divin se manifeste en tant qu’univers différencié contenant des objets hétérogènes.

Cet esprit n’est rien de plus qu’une accumulation de pensées source de la pensée « je ». C’est donc cette notion de « je » qui constitue l’esprit.

L’esprit n’est qu’une collection d’empreintes subtiles, une série d’habitudes, un assortiment de désirs naissant au contact de divers objets. C’est aussi un ensemble d’émotions provoquées par les soucis de l’existence ordinaire, une collection d’idées auxquelles divers objets donnent naissance. Ces désirs, ces idées et ces émotions changent constamment. D’anciens désirs quittent sans cesse l’entrepôt de l’esprit pour être remplacés par de nouveaux.

A l’état de veille, l’esprit siège dans le cerveau, pendant l’état de rêve, dans le cervelet et pendant le sommeil profond, dans le cœur.

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L’énergie intérieure relie corps et âme

Pour les Chinois, sainteté et santé sont synonymes. Pour quels motifs, le travail du corps et celui de l’esprit seraient similaires ?

Corps et âme sont si proches et si intimement liés qu’il suffit de connaître l’un pour avoir accès obligatoirement à l’autre. Mais un travail corporel à l’orientale est toujours un travail intérieur qui ne peut se faire sans l’intervention du Qi. On pourrait dire à ce sujet que le Qi (le souffle) et le Shen (la puissance spirituelle) sont les messagers subtils qui relient corps et âme.
Seuls les gens qui détiennent les secrets du Qi ou ceux qui progressent dans cette voie de transmutation des énergies intérieures peuvent prendre conscience par paliers d’expérimentations du message vivant de Laozi1.

Tout le monde s’accorde à dire que l’âme est un agent essentiel de la vie, et un principe spirituel qui, uni au corps, constitue l’être vivant. Mais au fond, qu’est-ce que l’âme ? Chacun peut comprendre ce terme à sa façon. Certains se pencheront vers une interprétation sentimentale, d’autres vers un raisonnement intellectuel. L’âme semble être une notion tellement abstraite qu’il est difficile d’en parler et d’en donner une définition satisfaisante. On peut néanmoins rendre le sens de l’âme moins vague, moins palpable en éclairant la signification qu’il prend pour les bouddhistes et les taoïstes ; il suffit pour cela de prendre comme exemple la pratique du taiji quan (Taïchi Chuan), ce qui nous fera encore mieux comprendre le lien établi par les Anciens entre sainteté, santé et longévité.

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