«Wu wei», l’art de réussir sans essayer

Huangshan (littéralement:
Huangshan (littéralement: “Les montagnes jaunes”), est une chaîne de montagnes située au Sud de la Province de Anhui (Chine orientale).

Un état de grâce dans lequel l’action s’accomplit par enchantement, sans le concours de la volonté : tout le monde l’a vécu, personne ne sait y retourner… Entre Confucius, taoïsme et neurosciences, le philosophe Edward Slingerland trace un chemin.

Wu wei : tout le monde connaît. Pas le terme, peut-être, mais les manifestations de la chose. C’est ce qui se passe lorsque l’acte que vous êtes en train d’accomplir vous réussit par enchantement, sans effort, ni volonté : votre tâche se remplit d’elle-même, pour ainsi dire, presque sans vous. Vous dites alors que vous êtes « en état de grâce », ou « dans le flux ». Vous ressentez une euphorie paisible et une sorte de gratitude, sans trop savoir vis-à-vis de qui. Car cet état mental, lorsqu’il est là, rend possibles des exploits sportifs, des performances professionnelles, des actes de création, ou tout simplement des sommets d’aise dans le déroulement d’une conversation. Vos répliques s’enchâssent dans celles de votre interlocuteur avec un tempo, une pertinence, un brio parfaits. Une magie opère, une spontanéité heureuse, comme un charme. Vous n’êtes que mouvement, sans intention. Immergé en vous-même, et en même temps sereinement alerte à ce qui se passe, vous persuadez, vous emportez l’adhésion: vous séduisez. Car – cerise sur le gâteau – de la personne qui se trouve en plein wu wei émane une sorte de charisme appelée de : une force d’attraction qui conduit les autres à lui faire confiance et vouloir être avec elle…

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L’énergie intérieure relie corps et âme

Pour les Chinois, sainteté et santé sont synonymes. Pour quels motifs, le travail du corps et celui de l’esprit seraient similaires ?

Corps et âme sont si proches et si intimement liés qu’il suffit de connaître l’un pour avoir accès obligatoirement à l’autre. Mais un travail corporel à l’orientale est toujours un travail intérieur qui ne peut se faire sans l’intervention du Qi. On pourrait dire à ce sujet que le Qi (le souffle) et le Shen (la puissance spirituelle) sont les messagers subtils qui relient corps et âme.
Seuls les gens qui détiennent les secrets du Qi ou ceux qui progressent dans cette voie de transmutation des énergies intérieures peuvent prendre conscience par paliers d’expérimentations du message vivant de Laozi1.

Tout le monde s’accorde à dire que l’âme est un agent essentiel de la vie, et un principe spirituel qui, uni au corps, constitue l’être vivant. Mais au fond, qu’est-ce que l’âme ? Chacun peut comprendre ce terme à sa façon. Certains se pencheront vers une interprétation sentimentale, d’autres vers un raisonnement intellectuel. L’âme semble être une notion tellement abstraite qu’il est difficile d’en parler et d’en donner une définition satisfaisante. On peut néanmoins rendre le sens de l’âme moins vague, moins palpable en éclairant la signification qu’il prend pour les bouddhistes et les taoïstes ; il suffit pour cela de prendre comme exemple la pratique du taiji quan (Taïchi Chuan), ce qui nous fera encore mieux comprendre le lien établi par les Anciens entre sainteté, santé et longévité.

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