Le quotidien d’un chaman mongol, en contact avec les esprits

Chaman bouriate (Sibérie)

Nergui est un boo, un chaman masculin. Il appartient aux Darhard, un groupe ethnique de Mongolie septentrionale qui a préservé son style de vie nomade traditionnel. Au quotidien, Nergui s’occupe de ses troupeaux de bétails. Mais il pratique aussi, comme de très nombreux autres Darhad, l’une des formes les plus pures du chamanisme.
Nergui se tient au milieu de la pièce, les yeux clos. Il oscille d’un côté et de l’autre, serre des bandes de tissus multicolores dans ses mains et psalmodie : “Grand ciel, s’il te plaît, viens ici.” Puis il entonne une mélodie répétitive d’une voix rauque : “Oh, grand ciel bleu qui est mon manteau, viens à moi.”
Nergui est un boo : un chaman masculin, en mongol. Il se voit comme un intermédiaire entre le monde visible et le monde caché des esprits et des dieux. Un peu partout en Mongolie, en Asie centrale et en Sibérie, des mystiques tels que Nergui raniment aujourd’hui d’anciennes traditions et attirent un vaste public réceptif à leurs rituels charismatiques.
Ayant médité et psalmodié, Nergui entre en transe. La transe ouvre dans le corps du chaman une voie à l’esprit du royaume invisible.

On trouve des chamans partout dans le monde, mais le mot “chaman” (“celui qui sait”) vient des Evenk, un peuple de gardiens de rennes du nord de la Sibérie.

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La nature, le fonctionnement et l’entraînement de l’esprit

LEver de soleil sur la planète Terre

La nature de l’esprit

Si l’esprit est joyeux, je suis heureux. Si l’esprit est malheureux, je suis malheureux. Notre vie entière dépend de notre esprit, et pourtant peu le savent. Ce n’est pas une chose qui est enseignée à l’école.

A la question : “Qu’est-ce que l’esprit ?”, logiquement, on peut répondre : “L’esprit est une pensée.” Oui, l’esprit est une pensée : chaque fois qu’il y a des pensées, l’esprit est là. Et chaque fois qu’il n’y a pas de pensées l’esprit est absent. Dans le sommeil profond par exemple, il n’y a pas de pensées, l’esprit est absent. Ainsi, esprit et pensées sont étroitement liés : si les pensées sont calmes, l’esprit est calme. Si les pensées sont agitées, l’esprit est agité. L’esprit est exactement ce que sont les pensées. Entre les deux, il existe donc une étroite relation.

Néanmoins, la pensée seule ne constitue pas l’esprit. Pour illustrer le lien entre les deux, les sages de l’Inde ont donné l’exemple de la rivière.

L’eau par elle-même, n’est pas une rivière, un bassin d’eau n’est pas une rivière. C’est seulement quand l’eau coule constamment que nous parlons de rivière. De même, quand les pensées s’écoulent constamment en nous, nous expérimentons cet équipement puissant qu’est l’esprit.
Si les eaux d’une rivière sont boueuses, on dit que la rivière est boueuse. Si les eaux sont claires, on dit que la rivière est propre. Si les eaux coulent rapidement, on dit que la rivière a un cours rapide. De même, l’esprit est ce que sont nos pensées. Si les pensées sont bonnes, l’esprit est bon.
Un homme peut avoir une belle apparence physique, être riche, avoir une belle voiture, mais si ses pensées sont tristes, il est un homme triste. Quand un homme a un esprit pur, il attire les autres.
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L’esprit et ses mystères

Swami Shivananda
Swami Shivananda

A l’instar d’un homme très affairé qui s’isole pour travailler en fermant les portes, l’esprit actif travaille seul dans un rêve en fermant les portes des sens.

L’esprit est une force née de l’âme. C’est par son intermédiaire que le Divin se manifeste en tant qu’univers différencié contenant des objets hétérogènes.

Cet esprit n’est rien de plus qu’une accumulation de pensées source de la pensée “je”. C’est donc cette notion de “je” qui constitue l’esprit.

L’esprit n’est qu’une collection d’empreintes subtiles, une série d’habitudes, un assortiment de désirs naissant au contact de divers objets. C’est aussi un ensemble d’émotions provoquées par les soucis de l’existence ordinaire, une collection d’idées auxquelles divers objets donnent naissance. Ces désirs, ces idées et ces émotions changent constamment. D’anciens désirs quittent sans cesse l’entrepôt de l’esprit pour être remplacés par de nouveaux.

A l’état de veille, l’esprit siège dans le cerveau, pendant l’état de rêve, dans le cervelet et pendant le sommeil profond, dans le cœur.

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Le pouvoir de l’esprit sur le corps

Pouvoir de l'esprit sur le corps

Des indices irréfutables s’accumulent quant à son existence, voire à sa puissance. Des études de plus en plus nombreuses montrent que des placebos administrés à l’insu des patients, qui s’attendent à recevoir un traitement réputé efficace, parviennent notamment à soulager des douleurs chroniques, à améliorer l’état psychologique de dépressifs, à réduire les symptômes de la maladie de Parkinson. L’effet placebo1 se fonde peut-être sur une supercherie, mais celle-ci démontre justement le pouvoir de l’esprit sur le corps dans le processus de guérison.

Il subsiste bien sûr encore des sceptiques qui remettent en doute l’existence réelle de la douleur ou de la maladie des personnes qui tirent des bénéfices d’un placebo, ou qui attribuent l’effet placebo à un biais des analyses statistiques. Pourtant, certaines expérimentations menées récemment laissent pantois, même des chercheurs qui ont découvert tout à fait par hasard le pouvoir de l’effet placebo alors qu’ils effectuaient des études cliniques visant à évaluer l’efficacité d’un nouveau traitement.

Les placebos sont des traitements factices qui peuvent prendre la forme de comprimés – composés d’une substance pharmacologiquement inerte comme le sucre -, d’injections de solution saline2, ou même d’un simple coup de bistouri feignant une chirurgie plus élaborée. Les placebos servent le plus souvent d’éléments de comparaison dans des études destinées à mesurer l’effet thérapeutique d’une nouvelle cure.

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