« Soyons le changement que nous voulons voir dans le Monde »

Mains Amour Non-Violence
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La réponse n’est pas à l’extérieur, dans le politique ou le marché, les grosses multinationales ou les petites ONG, la réponse est avant tout dans la non-dualité de notre propre conscience. La chronique de Tristan Lecomte.

« Soyons le changement que nous voulons voir dans le Monde »… Cette citation de Gandhi est très souvent reprise pour nous encourager à nous engager dans un changement de société, mais on s’attarde très peu sur son sens profond. Elle sous-tend le principe de non-violence pour changer le Monde, prôné par Gandhi ou Martin Luther King. La non-violence représente un axe d’action collectif privilégié pour accélérer le changement vers un Monde plus durable et plus juste.

Mais ceux qui l’incarnent rappellent que la non-violence suppose avant tout un changement intérieur. Cette non-violence implique une vision non duale. Le conflit ou problème qui existe devant nous est aussi et avant tout présent à l’intérieur de chacun de nous. « Nous sommes le Monde », dit Jiddu Krishnamurti dans le même sens. Il n’y a pas l’autre, l’ennemi, le faux, le mal et moi, le vrai et le bon. Il y a avant tout des personnes qui souffrent d’un conflit intérieur et dont la manifestation est extérieure. Il faut prendre conscience de ces éléments si l’on veut arriver à lutter efficacement suivant les principes de  la non-violence. Accepter ses propres limites et contradictions, ses peurs et les voir chez l’autre, sentir sa propre souffrance et ses faiblesses chez soi comme chez l’autre et vouloir les réconcilier pour les dépasser. Comprendre l’utilité de ces contradictions, leur complémentarité, leur nécessité pour appeler à l’action et à la réalisation d’un idéal supérieur, tout comme la plante se nourrit du compost.

Le monde est ce que nous sommes. Le monde n’est autre que vous et moi. Ce petit monde de nos problèmes, une fois élargi, devient le monde avec ses problèmes.
Jiddu Krishnamurti (1895-1986)

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Dans le tantra, le grand rituel est de vivre en conscience

Helix Nebula - Nataraj

(…) Les premières années de pratique sont entièrement vouées à communiquer avec ce qui advient. (…) Toucher la réalité d’une manière continue implique la spontanéité, l’abolition du temps. Plus rien qui ne soit le présent, non dans le sens où il y a une demande d’être dans le présent mais dans la réalisation profonde que tout advient dans le présent, même le souvenir, même la projection. Vivre cette instantanéité nous permet de glisser peu à peu dans une expression authentique, non réfléchie de notre appartenance à la totalité. Les actions extérieures elles-mêmes sont reconnues comme une expression de la totalité. Nous entrons en résonance avec le monde.

Ce travail, ce jeu, commence par l’observation de ce qui est. Le tantrika1 ne projette aucun changement, ne prononce aucun vœu, ne s’astreint à aucune règle morale car son objectif est de considérer la réalité, telle quelle. Il n’entre dans aucun programme, n’examine pas le passé mais il observe avec passion le fonctionnement de son être non mutilé. Plutôt que de plaquer comportements et attitudes spirituels sur le terrain de l’ego, il observe la manière dont il ressent, dont il pense, dont il agit.
Cette présence à la réalité du comportement va révéler une image humaine totale qui n’est pas conforme à un idéal ou à une morale mais qui est authentique. A partir de cette reconnaissance, le tantrika glisse vers une acceptation de la réalité et dissout les nœuds psychologiques que tous les conformistes resserrent. Dès que le comportement est observé dans sa réalité, il se modifie en profondeur, accède à la fluidité et trouve la spontanéité qui est en harmonie avec le Tout.
C’est travail subtil et continu dans lequel s’engage le tantrika. En n’acceptant aucune forme figée, il laisse émerger sa liberté fondamentale, il revient à la source et n’attend rien de l’extérieur.(…)
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