Dans le tantra, le grand rituel est de vivre en conscience

Helix Nebula - Nataraj

(…) Les premières années de pratique sont entièrement vouées à communiquer avec ce qui advient. (…) Toucher la réalité d’une manière continue implique la spontanéité, l’abolition du temps. Plus rien qui ne soit le présent, non dans le sens où il y a une demande d’être dans le présent mais dans la réalisation profonde que tout advient dans le présent, même le souvenir, même la projection. Vivre cette instantanéité nous permet de glisser peu à peu dans une expression authentique, non réfléchie de notre appartenance à la totalité. Les actions extérieures elles-mêmes sont reconnues comme une expression de la totalité. Nous entrons en résonance avec le monde.

Ce travail, ce jeu, commence par l’observation de ce qui est. Le tantrika1 ne projette aucun changement, ne prononce aucun vœu, ne s’astreint à aucune règle morale car son objectif est de considérer la réalité, telle quelle. Il n’entre dans aucun programme, n’examine pas le passé mais il observe avec passion le fonctionnement de son être non mutilé. Plutôt que de plaquer comportements et attitudes spirituels sur le terrain de l’ego, il observe la manière dont il ressent, dont il pense, dont il agit.
Cette présence à la réalité du comportement va révéler une image humaine totale qui n’est pas conforme à un idéal ou à une morale mais qui est authentique. A partir de cette reconnaissance, le tantrika glisse vers une acceptation de la réalité et dissout les nœuds psychologiques que tous les conformistes resserrent. Dès que le comportement est observé dans sa réalité, il se modifie en profondeur, accède à la fluidité et trouve la spontanéité qui est en harmonie avec le Tout.
C’est travail subtil et continu dans lequel s’engage le tantrika. En n’acceptant aucune forme figée, il laisse émerger sa liberté fondamentale, il revient à la source et n’attend rien de l’extérieur.(…)
Poursuivre la lecture